32 millions de litres de lait produits à l'herbe

32 millions de litres de lait produits à l'herbe

Sur l’île du Nord en Nouvelle Zélande, Vanessa et Ged Donald élèvent 7 000 vaches et produisent 32 millions de litres de lait sur 5 sites quasiment voisins les uns des autres. Autant dire qu’il s’agit de l’un des plus gros producteurs du pays. Un reportage à découvrir dans Grands Troupeaux Magazine de septembre 2018.

Leurs 7000 vaches occupent 31 salariés sur le terrain en plus des 4 personnes affairées au secrétariat. Le plus petit cheptel est composé de 1100 vaches, le plus vaste de 1650. Chaque ferme compte 3 à 5 lots, en fonction des contraintes. Deux fermes ont une conduite exclusivement basée sur la saisonnalité et cessent de traire pendant 6 à 8 semaines. Évidemment, tout le monde pâture et certaines pratiques peuvent paraître déroutantes.

Les vaches consomment en moyenne 1200 à 1300 kg MS/ha et reviennent sur le paddock 18 à 21 jours pendant la période la plus rapide et 35 jours plus tard en hiver.

Au plus fort de leur production (4500 kg/an en moyenne) et considérant leur gabarit léger, la capacité d’ingestion des vaches est estimée à 22 kg MS/jour.  « Il m’importe qu’elles en pâturent un maximum tout au long de l’année, pendant 10 mois – en dehors des mois d’octobre et novembre – pour les deux fermes qui pratiquent le tarissement total », insiste Ged. Et il y parvient, il estime que la production que leurs 31 millions de litres proviennent à 80% du pâturage. Le reste est assuré par la ration mélangée distribuée pendant la traite, adaptée au stade de lactation et à la météo. La grosse pression de pâturage exercée au printemps est épaulée à l’auge par 0,5 kg de paille achetée, 0,5 kg d’ensilage d’herbe, 1,3 kg de concentré maison, 0,5 kg d’huile de palme, minéraux, auxquels s’ajoutent de manière opportuniste ensilage de maïs acheté, soja, rumensin, petit lait, au fil de l’année.  « L’huile de palme est un concentré énergétique bon marché, de l’ordre de 230$ par tonne contre 400 à 500$ pour une céréale.»

« En 2016, lorsque le prix du lait s’est écrasé à 3,55$ par kilo de matière utile, nous avions baissé la production de 10% pour limiter le coût de production. Je dis toujours que la production est vanité et que la rentabilité est vecteur de santé », estime l’exploitant Kiwi.

« La pérennité de notre activité est une question de mentalité et de technologie. Pour les générations futures, nous devons y penser à l’avance, ne pas nous trouver devant le fait accompli – qu’il s’agisse de dégâts ou d’un cadre législatif, avance Ged. Nos sols agricoles n’ont que 100 ans, ils ont été conquis sur la forêt, il est indispensable d’en stabiliser la vie ». Dans certaines exploitations, l’érosion n’est plus à craindre, elle manifeste déjà ses effets, pointe du doigt l’éleveur qui se targue d’avoir planté plus que bûcheronné ces 15 dernières années. « Planter des arbres sur les courbes de niveau afin de retenir l’humidité, d’attirer la pluie, n’est certes pas payant sur l’instant, cependant, il nous faut faire un lait de plus en plus irréprochable, autonome», bio ose-t-il même prétendre, dans un pays où l’application de glyphosate estampillé “green” est une banalité.

Le principal collecteur, Fonterra, a pris l’initiative de contraindre la protection de tous les cours d’eau qui doivent être clôturés, voire plantés sous peine de 0.5$ de pénalité par kg de MS.

54321
(0 votes. Average 0 of 5)