Connaître et anticiper la salmonellose

Connaître et anticiper la salmonellose

Chez les veaux, les salmonelloses peuvent se révéler particulièrement redoutables, les bactéries à l’origine de cette infection pouvant coloniser le système digestif, voire l’appareil respiratoire.

Le diagnostic de la salmonellose est souvent difficile à poser. Les signes cliniques d’une infection intestinale liée aux salmonelles sont en effet proches de ceux liés à d’autres pathologies (diarrhée avec ou sans sang et mucus, état fébrile et abattement général). Toutefois, les veaux atteints de salmonellose entérique sont généralement plus malades. De même, la forme respiratoire de la salmonellose, habituellement causée par la bactérie S. Dublin, peut ressembler à d’autres types d’infections respiratoires. Encore une fois, ce qui la distingue, c’est le degré d’affaiblissement des veaux touchés. Le diagnostic est généralement confirmé après une mise en culture d’échantillons d’excréments (coproculture), de prélèvements sanguins (hémoculture) ou de tissus nécrosés. Il y a toujours des veaux pouvant faire l’objet d’une autopsie lors d’une épidémie de salmonelle. Le vétérinaire s’avère une aide précieuse pour la mise en place d’un traitement efficace. Il peut également travailler en amont et fournir des conseils sur la prévention afin d’éviter le déclenchement de la pathologie. Dans cet article, nous nous concentrons sur les méthodes de gestion visant à réduire les risques de salmonellose dans les élevages.

Renforcer le système immunitaire

Les salmonelloses sont des organismes opportunistes. Les animaux munis d’un système immunitaire déficient sont beaucoup plus susceptibles de développer une salmonellose et d’en mourir. Il est donc primordial de veiller à mettre en place et à maintenir un système immunitaire efficace chez le veau. Pour ce faire, le colostrum s’avère une arme redoutable. Un apport de colostrum propre, de qualité et en quantité suffisante est un premier bouclier contre cette infection. Or, pour une bonne protection immunitaire, le niveau sanguin d’anticorps doit être de 10 mg/ ml et ce, dans les 24 heures suivant la naissance. En effet, même si le colostrum ne contient aucun anticorps contre les salmonelles, il renforce le système immunitaire du veau et aide ainsi à prévenir l’émergence d’autres pathologies, favorisant alors le développement d’un veau plus sain, moins sensible aux attaques de salmonelles. Outre le colostrum, il est aussi primordial d’augmenter les apports en nutriments, et ce, le plus rapidement possible, toujours dans l’optique de renforcer l’état général du veau.

Éviter les expositions

Les salmonelloses se transmettent habituellement par voie fécale-orale. La forme respiratoire, quant à elle, peut se propager via l’inhalation des bactéries. L’objectif recherché est donc de minimiser l’exposition des veaux à ces pathogènes. Le scénario catastrophe comporte les éléments suivants : un élevage laitier doté d’une stabulation conduite en litière accumulée, arbitrant des vaches malades côtoyant celles fraîches vêlées. Ajoutons alors, dans cette équation, des jeunes veaux tétant le colostrum de leur mère. Qu’est ce qui ne va pas dans ce tableau, me diriez-vous ? Tout d’abord, les vaches malades se révèlent susceptibles de rejeter dans l’environnement des agents pathogènes. En outre, les bovins malades, qui ne mangent pas ou peu, sont plus sensibles à l’infection car leur système immunitaire est affaibli. De plus, les acides gras volatils ruminaux (AGV), produits par la flore microbienne de la panse lors d’une fermentation ruminale normale, ont un effet néfaste sur les salmonelles. Or, ces AGV sont réduits chez les vaches non ou peu alimentées, ce qui les rend plus sensibles à ces bactéries. Enfin, le veau, dans ce scénario, sera beaucoup plus susceptible de développer une salmonellose, à la fois en raison de l’exposition accrue à la bactérie, de par ses contacts avec la litière, et parce que les nouveau-nés ne tètent pas suffisamment de colostrum assez rapidement quand ils restent avec leur mère. Ces choses-là n’arrivent pas sur votre exploitation laitière ? Parfait. Mais que se passe-t-il si des vachers travaillant dans le box d’infirmerie transportent du fumier soit dans la zone de vêlage, ou dans la nurserie ? Il est primordial d’identifier toutes les sources d’exposition potentielle d’un veau aux déjections animales et de s’efforcer de les supprimer. […] Cet article est un extrait du Grands Troupeaux Magazine n°53.

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