Abstention record aux élections chambres

Abstention record aux élections chambres

Les listes FNSEA/JA l’emportent dans la grande majorité des départements métropolitains. Moins de la moitié des exploitants ont pris part au vote. Au final, ces élections sont marquées par une grande stabilité de la représentativité des syndicats agricoles.

Les listes communes FNSEA/JA ont largement emporté les élections aux chambres d’agriculture en métropole dans le collège des exploitants. Elles sont arrivées en tête dans l’ensemble des départements à l’exception du Lot-et-Garonne, de la Vienne, de la Haute-Vienne (Coordination rurale), de la Loire-Atlantique (Confédération paysanne) et de la Moselle (liste indépendante). En Haute-Garonne, une liste JA a devancé une liste FNSEA.

Le Calvados, le Puy-de-Dôme et la Charente reviennent dans le giron du syndicalisme majoritaire, qui abandonne la Vienne et la Haute-Vienne à la Coordination rurale et la Loire-Atlantique à la Confédération paysanne.

Le taux de participation s’établit à 46,4 % dans le collège des chefs d’exploitation et assimilés, en baisse de 9 points sur les précédentes élections de 2013.

« Une victoire, les pieds sur terre ! » (FNSEA-JA)

« Le taux de participation va certainement dépasser les 45% », écrivent la FNSEA et les JA dans un communiqué diffusé le 6 février en soirée. « C’est une érosion qu’on ne peut pas ignorer par rapport au scrutin de 2013. Mais dans un contexte sociétal et politique de désaffection vis-à-vis des élections, les agriculteurs, en votant plus que la moyenne, ont fait preuve de responsabilité. Ce chiffre est le fruit d’une campagne de proximité de tous les responsables JA+FNSEA qui ont su porter un projet cohérent pour les Chambres d’agriculture. »

« Nous nous réjouissons de ce premier bilan qui nous permet de reprendre quatre chambres à nos concurrents pour deux perdues. Nous pouvons raisonnablement penser que notre syndicalisme sera en responsabilité dans une large majorité des départements de métropole et des Outre-mer pour conduire notre projet dans l’intérêt de tous les agriculteurs. »

« A l’heure où nous parlons, avec un score consolidé de 55,15% pour les listes JA+FNSEA [53,39 % en 2013], ce scrutin est un succès qui traduit la confiance des agriculteurs, la force d’un maillage territorial, l’engagement d’hommes et de femmes sur le terrain au service des agriculteurs. »

« Nous remercions tous ceux qui se sont engagés à nos côtés, qui ont cru en un projet solide, les pieds sur terre, qui ont voté. Ils ont élu des agricultrices et des agriculteurs qui leur ressemblent. »

La Coordination rurale demeure le « 2e syndicat agricole » (CR)

« Des revenus de 350 €/mois, des prix payés en dessous des coûts de production, des importations massives d’OGM, des coopératives qui se comportent moins bien que des industriels privés… et pourtant, malgré tout, une majorité d’agriculteurs n’a pas osé renverser la table pour donner une nouvelle perspective à notre profession », écrit la Coordination rurale (CR) dans un communiqué du 7 février.

« Les résultats de la CR, en progression dans le Puy-de-Dôme et en Charente, ne nous ont pas permis de conserver ces deux Chambres d’agriculture. Chacun aura observé que cela s’est fait à très peu de voix en Charente et qu’une vengeance politique dans le Puy-de-Dôme nous aura hélas été fatale. Quant à la Chambre d’agriculture du Calvados, elle est parmi les mieux gérées de France mais la CR n’a malheureusement pas su y anticiper la succession de l’équipe en place. »

« La CR demeure néanmoins la deuxième force syndicale agricole de France [20,49 % en 2013] et conforte largement sa position dans le Lot-et-Garonne. Elle remporte par ailleurs les Chambres d’agriculture de la Vienne et de la Haute-Vienne, où nous ne pouvons que nous féliciter de la victoire des équipes menées par Philippe Tabarin et Bertrand Venteau, deux paysans engagés et déterminés à reconstruire des Chambres laissées dans un état catastrophique par leurs prédécesseurs. »

« La CR prend acte de ces résultats et conserve une détermination intacte pour tous ceux qui estiment que le paysage agricole français a besoin d’une organisation syndicale éthique au service d’agriculteurs qui souhaitent conserver la main sur leur destinée. »

La Confédération paysanne repasse au-dessus des 20 %

« La Confédération paysanne (CP) dépasse la barre symbolique des 20% [18,54 % en 2013] et sort renforcée de ces élections aux chambres d’agriculture. Nous remportons notre pari de réenclencher la marche avant », écrit le syndicat dans un communiqué du 8 février. « Les reconquêtes à Mayotte et en Loire-Atlantique montrent que chaque voix compte pour défendre un autre modèle agricole et des chambres ouvertes à toutes et tous. »

« Dans plus de 50 départements, toutes régions confondues, les scores des CP sont en hausse. Cette dynamique se traduit aussi là où des CP dépassent le seuil des 10%, synonyme de représentativité dans les instances décisionnaires du monde agricole. La confiance accordée par les électrices et les électeurs nous conforte dans la défense d’une agriculture et d’un élevage paysan-ne-s. C’est une reconnaissance du travail de fond et de terrain mené sur tous les dossiers agricoles. »

« Les paysan-ne-s ont majoritairement fait le choix de ne pas s’exprimer lors de ces élections. Ce désintérêt est le résultat d’une politique de gestion FNSEA-JA qui ne répond pas à leurs préoccupations et qui les conduit dans une impasse économique, sociale et environnementale. La CP poursuivra son travail sur le terrain pour redonner de l’envie aux paysan-ne-s. »

La CP est fière du dynamisme de ses équipes sur les territoires, qui ont privilégié les rencontres de terrain de paysan-ne-s à paysan-ne-s. Nous remercions les milliers d’entre eux ayant voté pour nos listes. Cette dynamique ne demande qu’à s’amplifier pour porter une agriculture moderne redonnant du revenu et du sens à notre métier. »

Le Modef « gagne en représentativité »

« C’est un véritable séisme sur le faible taux de participation aux élections chambres d’agriculture autour de 46%, soit près de 9 points de moins qu’en 2013. Dans un contexte difficile avec des revenus à 360 €/mois, des prix en dessous des coûts de production…, il est regrettable que les paysans ne se soient pas plus exprimés lors de ce scrutin. »

« Le Modef n’échappe pas à l’érosion des voix [1,47 % en 2013] due au fait de la baisse du taux de participation qui pénalise tous les syndicats minoritaires. En gagnant la Chambre d’Agriculture de la Guadeloupe, avec l’union des JA, le Modef se félicite de l’augmentation du nombre d’élus au sein des chambres d’agriculture. Le Modef gagne en représentativité avec 8 départements contre 7 en 2013 (Corrèze, Creuse, Gard, Landes, Puy-de-Dôme, Vaucluse, Guadeloupe et Mayotte). Le travail du Comité directeur, de la directrice et de l’ensemble du personnel a permis une nette progression dans plusieurs départements et aussi par le rajeunissement des candidats, notamment dans le Gard, le Puy-de-Dôme, Mayotte, la Drôme, la Charente-Maritime et la Charente. »

« Le vote électronique n’a pas été favorable pour le Modef car de meilleurs scores étaient comptabilisés avant le dépouillement des votes par internet. D’ailleurs, le Modef ne souhaitait pas le vote électronique, les exploitants préférant voter par correspondance. »

« Le Modef continuera son engagement pour la défense des exploitants, de l’exploitation familiale afin d’obtenir un prix plancher, rémunérateur garanti par l’Etat en fonction des coûts de production. Le Modef participera aux prochaines négociations de la PAC, de la mise en place de la loi sur les Etats Généraux de l’Alimentation et aussi la prochaine réforme libérale des retraites. »

BC

A télécharger : Les résultats officiels des élections aux Chambres d’agriculture (ministère de l’agriculture, 19 février 2019)

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