La FNPL relance le débat sur les OP

La FNPL relance le débat sur les OP

Le prix du lait, ce qu’il doit ou non aux Etats généraux de l’alimentation (EGA), et les attentes de la société adressées à la filière ont dominé l’assemblée générale de la FNPL qui a réuni 400 producteurs les 20 et 21 mars à Arras (Pas-de-Calais). Son président, Thierry Roquefeuil, a souhaité une révision du décret sur les organisations de producteurs (OP).

« Dans une filière libéralisée, l’organisation économique des éleveurs qui n’ont pas le choix de leur collecteur montrera toujours ses limites. Gagnons en souplesse. Desserrons le carcan du décret OP en permettant aux producteurs de lait qui le souhaitent de ne pas apporter la totalité de leur production à une seule OP. Monsieur le Ministre, j’ai déjà évoqué ce problème avec vous. Reprenons rendez-vous pour en discuter car j’ai des exemples concrets à vous exposer qui méritent une expertise poussée. Je n’accepte pas que l’ambition d’organiser les producteurs se heurte à une réglementation restrictive », a lancé Thierry Roquefeuil en clôture de l’assemblée générale. En réponse, Didier Guillaume s’est déclaré « très ouvert sur la question » et d’accord pour la création d’un « groupe de travail ». « Un éleveur doit-il apporter 100 % de sa production, ou moins, à une OP ? Voire se diversifier ? » Le ministre ne conclut pas mais promet que, « si ça va dans le bon sens, nous allons le faire. »

Le président de la FNPL est également revenu sur la création d’OP commerciales (OPC) évoquée par Emmanuel Macron au Salon de l’agriculture : « Nous avons dans nos rangs des volontaires… mais attention ! Nous avons un historique dans notre filière : l’organisation des producteurs avec transfert de propriété (GIE de collecte). Vous savez que le lait doit être transformé avant d’être vendu aux consommateurs. Nous ne sommes ni de la salade, ni des fruits, et c’est la raison pour laquelle faire des OPC dans notre secteur n’est pas si simple ! »

Prix du lait : « l’arbre pourrait cacher la forêt »

Le ministre de l’agriculture s’est réjoui que le prix du lait à la production ait « légèrement augmenté » et qu’il apparaisse « meilleur que dans d’autres secteurs ». Le président de la FNPL s’est montré plus prudent. Les divers accords sur le prix du lait annoncés ces derniers mois portent sur les fabrications de produits à marque nationale. « L’objectif qui consiste à couvrir le prix de revient des producteurs de lait, comme la loi alimentation le prévoit pour les industriels privés et coopératifs – et j’insiste sur le mot coopératif – ne peut être atteint que si l’ensemble de la gamme des produits laitiers est concerné par ces accords et partenariats. Pour la FNPL, il est clair qu’ils ne sont qu’une première étape, qui doit perdurer au-delà de l’amélioration de la conjoncture. Celle-ci a logiquement un effet positif sur le prix payé aux éleveurs. L’arbre pourrait bien cacher la forêt. Faisons la part des choses. Soyons responsables. Les EGA et la conjoncture sont bien deux choses différentes ! »

Bien-être animal : des indicateurs FNPL-FNB

Au chapitre du bien-être animal, Thierry Roquefeuil a annoncé que « des indicateurs communs et partagés entre la FNPL et FNB – qu’il n’a pas détaillés – ont été validés et sont proposés aux interprofessions (…) Les éleveurs n’ont rien à cacher sur ce sujet du bien-être animal. Il est intégré au socle de base du plan de filière laitière, France Terre de lait, et adossé à la charte des bonnes pratiques d’élevage. Cette charte, rénovée, sera l’outil de déploiement de ces engagements en toute transparence. Le bien-être animal n’est pas un critère de segmentation. Le respect des critères de bien-être animal n’est pas optionnel et nous le prouvons déjà chaque jour ! »

BC

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