Comment mesurer l'impact du stress thermique

Comment mesurer l'impact du stress thermique

En production laitière, le stress thermique ne se limite pas aux exploitations dans les climats chauds. Une étude de 2016 conduite par l’Université de Pennsylvanie sur les technologies d’élevage intelligentes destinées au suivi des indicateurs de stress thermique (rumination, température et pH ruminal, etc.) a mis en évidence une corrélation nette entre niveau de stress thermique environnemental, temps de rumination et production de lait.

Efficacité ruminale : critères d’évaluation pertinents

Le REI (Rumen Efficiency Index) repose sur l’évaluation de neuf indicateurs sélectionnés à partir de revues de la littérature, d’études pratiques menées sur des troupeaux de vaches laitières et d’avis d’experts internationaux, le tout validé sur le terrain. Ces indicateurs ont tous un rapport avec :

  • La performance des animaux : la production de lait, sa composition, le comptage de cellules somatiques, etc.
  • L’observation des animaux : la rumination, la locomotion, le remplissage du rumen, la note d’état corporel, la propreté.
  • L’observation des bouses : leur consistance et leur analyse.
  • Les conditions environnementales : la température et l’humidité (l’indice THI).

Étude mondiale : le stress thermique affecte certains indicateurs clés de l’efficacité ruminale

Le REI a permis de collecter des données dans des exploitations dans diverses conditions. Toutes les données obtenues en saison chaude ont été combinées, en exemple, les niveaux de risque pour cinq indicateurs pendant la période à risque de stress thermique.

  1. La rumination est liée à la fonction et à la santé du rumen. D’après la littérature, une proportion de 50 à 60 % de vaches couchées dans leur stalle et en train de ruminer est un bon objectif. L’ensemble des données REI indiquent que la rumination est sous-optimale dans 69 % des élevages. En conditions de stress thermique, ce chiffre atteint 86 %. Ce résultat corrobore une étude démontrant la corrélation entre rumination et stress thermique (Haan, 2016).
  2. Le lien entre locomotion et santé du rumen est bien établi dans la littérature. Les animaux souffrant de boiteries peuvent présenter une production d’histamine et une libération d’endotoxines bactériennes élevées dans le rumen, des phénomènes souvent associés à la SARA (Nocek, 1997). Indépendamment du THI, l’audit REI a montré que dans 72 % des exploitations auditées, la locomotion constitue un point critique. Des résultats similaires ont été observés en conditions de stress thermique.
  3. L’analyse des bouses est recommandée pour évaluer la présence de particules ou de céréales non digérées, et mesurer la taille des fibres. La présence de céréales transformées non digérées dans les selles est liée à une mauvaise efficacité ruminale. Elle résulte aussi d’une augmentation du taux de passage dû à un régime déséquilibré ou à une faible digestibilité des aliments. En conditions de stress thermique, 61 % des exploitations sont exposées à un risque de digestion insuffisante des céréales. De manière générale, l’étude a mis en évidence que 51 % des élevages présentaient une digestion insuffisante des céréales.
  4. Pour finir, la composition du lait découle elle aussi de l’efficacité ruminale. Selon l’étude REI, lorsque la température et l’humidité sont élevées, le rapport taux butyrique/protéines du lait n’est pas satisfaisant pour 87 % des exploitations. En outre, le comptage de cellules somatiques peut être affecté dans 46 % des élevages. Si l’on compare les valeurs moyennes entre les saisons chaudes et les saisons froides, on observe une différence statistique dans la composition du lait et le comptage de cellules somatiques. Ceci confirme l’effet du stress thermique non seulement sur la quantité de lait produite, mais aussi sur sa qualité, avec des conséquences potentielles sur le coût du lait. Outre cet impact financier, un comptage de cellules somatiques élevé est un signe de mauvaise santé. D’après cette étude, en conditions de stress thermique, non seulement la consommation alimentaire est diminuée, mais l’efficacité ruminale apparaît aussi sous-optimale : c’est ce que montrent certains signes précoces comme la rumination, la digestion des céréales, la locomotion et la composition du lait.

Avantages de la levure vivante

Le stress thermique ne touche pas uniquement les régions tropicales et ne se limite pas aux deux mois d’été ; il peut constituer un problème sur de plus longues périodes. Par la surveillance de l’indice THI (Temperature and humidity Index) dans l’environnement des animaux , mais également par l’appréciation d’indicateurs observables comme la rumination, la locomotion ou encore la présence de céréales non digérées dans les bouses, les éleveurs peuvent mieux anticiper les problèmes liés au stress thermique et prendre les mesures nécessaires avant que la production laitière ne commence à chuter.

Parmi les mesures nutritionnelles ayant fait leurs preuves pour contrer le stress thermique, le recours à la levure vivante spécifique du rumen Saccharomyces cerevisiae a montré des effets positifs sur le milieu ruminal, et par conséquent sur la production de lait. Cette levure vivante spécifique du rumen agit comme un modificateur ruminal. Elle améliore globalement le milieu et la fonction du rumen par le contrôle de son pH. S. cerevisiae CNCM I-1077 contribue également à augmenter la performance des animaux par une meilleure dégradation des fibres.

D’après plusieurs études conduites en partenariat avec des universités, S. cerevisiae améliore la performance des animaux (efficacité alimentaire et rendement laitier), le pH ruminal, ainsi que les signes précoces de mauvaise efficacité ruminale (par exemple les fibres dans les selles, la rumination, la consistance des bouses, etc.). Dans des conditions standard (non stressantes), une méta-analyse des données sur Levucell SC – produit à partir de  S. cerevisiae –  (14 études portant sur 1 600 vaches laitières) a montré une amélioration régulière et significative de l’efficacité alimentaire (+3 % sur le rapport lait corrigé en fonction de la matière grasse/CMS) (De Ondarza, 2010). En conditions de stress thermique, cette amélioration peut aller jusqu’à 6 à 9 % sur le lait corrigé selon la matière grasse/CMS.

 

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