Un robot de traite à la disposition des élèves

Un robot de traite à la disposition des élèves

La ferme école de l’Alpa (1), à Haroué (Meurthe-et- Moselle), a démarré son robot de traite en décembre 2015. Un investissement dont le directeur de la ferme, Joris Erzen, et ses élèves se félicitent matin et soir…

« Tous nos étudiants et apprentis le disent : c’est pas mal de ne pas traire. La traite génère un épuisement physique et moral dont on ne prend conscience qu’après coup. Après un week-end, mes collègues d’astreinte ou moi étions lessivés. Maintenant, on pourrait presque recommencer », témoigne Joris Erzen. « Avant l’installation de notre propre robot, nous allions visiter des élevages qui en possédaient un mais les élèves ne pouvaient pas manipuler le logiciel. Le conseil d’administration de l’Alpa, soutenu par la région, a donc décidé de franchir le pas, d’autant que le coût de construction d’une nouvelle salle de traite (l’ancienne a été conservée à des fins pédagogiques) était déjà estimé à 80.000 €.
Tous les travaux associés ont été réalisés par les moniteurs de l’Alpa. Le logement des 67 vaches Holstein a été revu dans le sens d’un plus grand confort et elles ont pu se familiariser pendant les deux à trois semaines précédant la mise en route du robot, le 8 décembre 2015. Huit jours après, c’était fait.
Deux ans après, quel bilan tirer de l’arrivée du robot ?
D’abord, la moyenne d’étable a progressé à 9.100 kilos de lait par vache (contre 7.900 kg en décembre 2015) grâce à une moyenne de 2,8 traites par jour. Grâce aussi à la distribution d’un peu plus de concentré au robot et à un « effet logement » que Joris Erzen estime à 1,5 kg par jour et par vache. En revanche, les taux butyreux et protéique ont diminué. En cause, des fourrages (maïs ensilage, luzerne enrubannée, foin) impactés par des conditions climatiques défavorables. La qualité du lait a été maintenue aux environs de 90.000 cellules, avec même une baisse à 68.000 cellules durant le mois qui a suivi l’installation du robot – « un autre effet logement sans doute ». De surcroît, le troupeau ne compte « plus aucune vache millionnaire ». Les traitements contre les mammites sont tombés à deux par an au lieu de deux par mois, ce qui permet d’économiser 2.500 € de produits vétérinaires chaque année. Les performances de reproduction se sont fortement améliorées, avec un intervalle vêlage-vêlage ramené de 417 à 383 jours. Le nombre d’IA par fécondation est tombé de 1,8 à 1,4. Les achats de produits de reproduction ont diminué de 2.000 € par an en moyenne. Enfin, « le troupeau est beaucoup plus calme. Les vaches n’ont pas besoin de nous ».
Benoît Contour
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(1) L’Association lorraine pour la promotion de l’agriculture (Alpa) réunit dans son conseil d’administration les organisations professionnelles de la région : chambres, FRSEA, JA, crédit, coopération, mutual
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