2,5% de bœuf en moins en 2020

2,5% de bœuf en moins en 2020

L’Institut de l’élevage (Idele) prévoit un repli de 2,4% de la production de viande bovine en 2020 (-2,5% pour les gros bovins, -1,5% pour les veaux de boucherie), largement imputable à de moindres réformes de vaches laitières et allaitantes.

La production nette contrôlée de bovins finis totaliserait 1,396 million de tonnes équivalent carcasse (téc) en 2020 (-2,4%/2019), montrent les prévisions de l’Idele diffusées le 20 janvier. Les tonnages de femelles baisseraient de 27 000 téc, ceux de mâles non castrés de 3 000 téc, ceux de bœufs de 2 000 téc et ceux de veaux de boucherie de 2 000 téc. Les exportations de broutards, contraintes par le recul de l’offre, baisseraient de 12 000 têtes.

Repli de la production de femelles

« Après une baisse de 2% en 2019, qui faisait suite à un pic de production en 2018, les abattages de femelles continueront de se replier (-3%), selon l’Idele. La décapitalisation du cheptel de vaches allaitantes, entamée en 2017 et qui s’est accélérée en 2019, devrait se poursuivre en 2020 au même rythme que l’an dernier. Comme en 2019, la forte baisse du nombre de génisses de renouvellement conduira à un ralentissement des réformes allaitantes (-3,6%). Les génisses de boucherie devraient être, elles aussi, un peu moins nombreuses (-2,5%). La mise en place de nombreux contrats au sein de la filière française et l’appel des exportations vers la Chine limiteront toutefois la baisse de production de génisses. Les poids de carcasses des femelles devraient rester globalement stables. »

« Le cheptel de vaches laitières a fini l’année 2019 à un bas niveau (-1,4%/2018) en raison de la forte baisse des entrées de primipares à l’automne. Il devrait continuer de s’éroder en 2020 (-1,0% en fin d’année) malgré la probable amélioration de la conjoncture laitière. En effet, l’aval de la filière laitière continuera de limiter les volumes afin de préserver la valeur des produits. Comme dans le cheptel allaitant et comme en 2019, les génisses de renouvellement prêtes à entrer en production en 2020 sont très peu nombreuses. Les réformes de vaches laitières devraient donc reculer significativement (-3%/2019) pour retomber au niveau de 2014, après plusieurs années de réformes abondantes liées à la longue crise de 2015-2016 puis à la sécheresse de 2018. »

Baisse des exportations de broutards

« Après le rebond de 2019, les exportations de broutards devraient repartir à la baisse en 2020, selon l’Idele. La chute des naissances allaitantes au 2e semestre 2019 et la baisse du cheptel de mères, qui induira une nouvelle baisse des naissances au 1er semestre 2020, conduiront naturellement à un repli du disponible exportable de bovins maigres en 2020. La demande des engraisseurs français devrait rester en retrait par rapport à une demande export plus dynamique, en particulier vers l’Italie où la concurrence des autres origines est toujours plus faible et où la consommation est actuellement dynamique. Ainsi, la baisse des exportations françaises de bovins maigres sera limitée à -1% ou -12 000 têtes, alors que la baisse de l’offre globale de broutards en France pourrait être de l’ordre de -3%/2019. »

De moindres sorties de taurillons

La production française de taurillons devrait baisser d’environ 1% en 2020, selon l’Idele. « L’engraissement de jeunes bovins de type lait, essentiellement réalisé par des éleveurs laitiers, poursuit son déclin. Les effectifs mis en place pour des sorties en 2020 sont toujours en baisse. Les sorties de jeunes bovins de type viande diminueront également sur l’année, quoique moins fortement. Elles pourraient rebondir durant le 1er semestre 2020 par rapport au 1er semestre 2019, particulièrement bas à la suite de la forte baisse des naissances dans le cheptel allaitant à l’automne 2017. Les exportations de JB vivants restent très difficiles à prévoir car soumises à de nombreux paramètres politiques et sanitaires. Nous faisons ici l’hypothèse d’une stabilité par rapport à 2019. »

Toujours moins de bœufs

« Après des chutes de plus de 9% en 2018 et 2019, la production de bœufs se réduira encore en 2020, mais moins fortement (-3,5%/2019). En effet, le recul des effectifs de mâles de 24 à 36 mois en BDNI [base de données nationale d’identification] au 1er décembre 2019 était moindre que les années précédentes. »

Recul des veaux de boucherie

« Après une année de crise, les abattages de veaux de boucherie reprendront leur baisse (-1,5%). 2019 a enregistré un fort alourdissement des veaux en raison de la crise qui a touché le secteur et provoqué des retards de sortie jusqu’à l’automne. Suite à cette crise, les intégrateurs se montrent prudents dans les mises en place et la production abattue en 2020 pourrait baisser de 1,5% en têtes comme en tonnages. Le poids moyen se stabiliserait après la forte hausse de 2019. Sur le long terme, l’alourdissement structurel est amené à se poursuivre », prévoit l’Idele.

BC

A télécharger :

Moins de bovins abattus en 2019 qu’en 2018 (ministère de l’agriculture, 24 janvier 2020)

Le prix de compensation du coût de l’aliment (ministère de l’agriculture, 22 janvier 2020)

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