Camembert : l'AOP révisée fait pschitt

Camembert : l'AOP révisée fait pschitt

Le lait pasteurisé et la « normandisation » des troupeaux attendront.

L’Organisme de défense et de gestion (ODG) du Camembert de Normandie AOP (appellation d’origine protégée), réuni en assemblée générale le 29 janvier 2020, a rejeté, à 53%, le nouveau cahier des charges prévoyant une AOP à deux gammes, indique son président, Patrick Mercier, dans un communiqué. « Ce projet, qui consistait à accueillir le plus grand nombre de marques faisant référence à la Normandie sous un signe officiel commun mais avec des différences en termes de production laitières et en termes de fabrication, est donc remis en cause (…) J’appelle à une poursuite des discussions incluant l’INAO (1) pour trouver une solution et éviter l’interdiction du “Fabriqué en Normandie” par une procédure juridique. En effet, l’application de la loi attendue serait le retrait de la confusion par la suppression totale et définitive de toute référence à la Normandie pour tout Camembert ne répondant pas aux conditions de production de l’AOP Camembert de Normandie ».

Au moins 30% de Normandes

Le 21 février 2018, un groupe de travail ad hoc mis en place par l’INAO avait abouti à « un accord de principe » par lequel les producteurs de lait et de fromages de camembert « fabriqués en Normandie » acceptaient de « respecter le futur cahier des charges de l’AOP Camembert de Normandie qui prévoira de nouvelles conditions de « normandisation » des troupeaux, de pâturage et de fabrication du fromage », écrivait alors l’INAO.

Un an plus tard, le 25 janvier 2019, Hervé Morin, président de la Région Normandie, et Patrick Mercier, président de l’ODG, présentaient le « projet AOP 2021 Camembert de Normandie » reposant sur un nouveau cahier des charges à deux entrées. D’un côté, un Camembert AOP « cœur de gamme » (au moins 30 % de vaches Normandes dans chaque troupeau, traitement thermique autorisé et identifié) et un Camembert AOP « haut de gamme » autorisant la mention « véritable » ou « authentique » (au moins 65 % de vaches normandes dans les troupeaux contre 50 % actuellement, lait cru et moulé à la louche, 50 mètres linéaires de haies par hectare de pâture). Dans les deux cas, il était prévu au moins 6 mois de pâturage par an, un minimum de 20 % d’herbe toute l’année dans la ration des vaches et l’interdiction des aliments OGM. En outre, était envisagée une extension de l’aire d’appellation. C’était sans compter le vote du 29 janvier 2020.

BC

(1) Institut national de l’origine et de la qualité

A lire également : Les producteurs de lait AOP sont déçus (4 février 2020)

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