Pas plus de lait avec les brins longs

Pas plus de lait avec les brins longs

L’ensilage « brins longs » n’a pas d’impact sur sa conservation, ni sur les performances laitières, selon l’Institut du végétal (Arvalis).

L’ensilage de maïs dit « brins longs » vise à obtenir une coupe longue des brins de maïs et un éclatement intense des grains. L’intérêt, selon les promoteurs de cette technique venue des Etats-Unis, est l’amélioration de la valorisation de la ration et des performances laitières. Cependant, « les essais conduits pendant l’hiver 2018-2019 à la ferme expérimentale Arvalis de La Jaillière (44) et à la ferme expérimentale des Trinottières (49), avec l’appui de l’Institut de l’élevage, n’ont pas révélé d’augmentation des performances sur les troupeaux laitiers », indique Arvalis dans un dossier diffusé le 21 novembre.

Sur chaque station, le maïs fourrage a été récolté en bandes alternées selon trois modalités : E- (éclatement faible, brins courts, éclateur classique), E+ (éclatement élevé, brins courts, éclateur classique) et SCH (éclatement élevé, brins longs, éclateur rainuré en croix). Les maïs ont été récoltés à des teneurs en matière sèche (MS) élevées : 35,8% aux Trinottières, sans conservateur d’ensilage ; 38,5% à la Jaillière, avec un conservateur. Dans chaque station, trois lots de 20 vaches laitières ont reçu une ration complète mélangée distribuée deux fois par jour avec contrôle quotidien de l’ingestion individuelle et des performances. Le maïs a été incorporé à hauteur de 67% ou 72% de la ration en MS, selon les sites. Des proportions élevées visant à « extrémiser les effets éventuels des modalités de récolte », explique Arvalis.

Les vaches ne trient pas plus

Dans les deux stations, la densité des silos a été équivalente entre les trois modalités de récolte. Les qualités de conservation, évaluées par analyse (pH, acides lactique, propionique et butyrique, alcools, ammoniac), « n’ont pas montré de différence significative entre modalités », selon Arvalis. Par ailleurs, « l’apport de fibres longues par le maïs fourrage n’a eu d’effet ni sur l’ingestion, ni sur les performances laitières. La valorisation des fibres n’a pas été améliorée avec cette technique de récolte. Ces résultats sont concordants avec la bibliographie existante sur les 10 essais indépendants réalisés aux Etats-Unis et en Allemagne. Malgré l’aspect plus grossier du maïs fourrage, le tri des grosses particules (en proportion par rapport au distribué) n’a pas été augmenté avec la présentation du maïs fourrage en brins longs. »

Dans le contexte de ces essais (maïs distribué après 6 mois de conservation), « aucun effet de l’éclatement du grain sur les performances zootechniques n’a été observé », résume Arvalis. « Quelle que soit la modalité, les teneurs en amidon dans les bouses ont été assez faibles (<4% de la MS). Toutefois, une meilleure digestibilité de l’amidon a été observée pour les animaux du lot E+ par rapport à ceux du lot E- (+1,2 point à la Jaillière, +2,8 points aux Trinottières), sans impact sur les performances laitières. » Arvalis souligne néanmoins que « la qualité de l’éclatement du grain reste importante, notamment dans le cas d’ouvertures précoces de silo et avec les maïs récoltés à des stades tardifs. Dans les deux essais, malgré des niveaux d’éclatement faibles du maïs E-, aucun grain n’était intact, ce qui a nécessairement favorisé l’évolution de l’amidon en fermentation et sa valorisation par les ruminants. »

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