La collecte résiste en août pas les prix

En août 2026, la collecte française de lait de vache a progressé de 0,4 % sur un an, à près de 1,9 milliard de litres, malgré les fortes chaleurs. Le prix du lait conventionnel a, en revanche, reculé de 12,1 % sur un an. Les fabrications laitières affichent des évolutions contrastées, avec une hausse des fromages et du beurre, mais un net repli des poudres industrielles.

La collecte française de lait de vache a légèrement progressé en août 2026. Selon les données d’Agreste, 1,883 milliard de litres ont été collectés, soit une hausse de 0,4 % par rapport à août 2025. Ce volume dépasse de 2,7 % la moyenne des cinq dernières années, alors même que le mois a été marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs. Sur les huit premiers mois de l’année, la collecte atteint 16,11 milliards de litres, en progression de 2,1 % par rapport à la même période de 2025. Les laits sous AOP/IGP représentent 15,2 % des volumes collectés en août, contre 4 % pour le lait biologique. Les autres filières affichent également une progression. La collecte de lait de chèvre a augmenté de 3,3 % sur un an, à 45 millions de litres, tandis que celle de lait de brebis a progressé de 6,4 %, à 7,45 millions de litres. Depuis janvier, les volumes sont respectivement en hausse de 6,1 % et de 6 %.

Le prix du lait conventionnel chute de 12 % sur un an
La situation est nettement moins favorable sur le front des prix. En août, le prix du lait de vache conventionnel, toutes primes comprises et à teneurs réelles, s’établit à 435,20 €/1 000 litres. Il accuse une baisse de 12,1 % sur un an, soit 59,90 €/1 000 litres de moins qu’en août 2025. Sur les huit premiers mois de l’année, le prix moyen du lait conventionnel atteint 446,80 €/1 000 litres, en recul de 9,4 % par rapport à 2025.

Tous laits confondus, le prix moyen s’élève à 458,50 €/1 000 litres en août, en baisse de 10,9 % sur un an. Le lait biologique se distingue par une meilleure stabilité. Son prix atteint 552,70 €/1 000 litres, soit une hausse limitée à 0,2 % sur un an. L’écart avec le lait conventionnel atteint ainsi 117,50 €/1 000 litres.

Fromages et beurre en hausse, les poudres industrielles en retrait
Les fabrications laitières évoluent de manière contrastée. En août, la production de fromages progresse de 2,1 % sur un an, à 146 436 tonnes, tandis que celle des matières grasses augmente de 2,5 %, à 30 011 tonnes. La fabrication de beurre atteint 26 652 tonnes, en hausse de 1,6 %. La dynamique fromagère est notamment portée par les fromages frais, dont la production augmente de 8,8 %, à 62 128 tonnes. Les fromages à pâte molle progressent également de 1,5 %. À l’inverse, la production d’emmental, de comté et d’autres fromages à pâte pressée cuite recule de 8,7 %, à 22 928 tonnes. Les fromages à pâte persillée diminuent de 4,2 %.

Les fabrications de yaourts et desserts lactés progressent de 3 %, à 163,5 millions de litres. Cette évolution masque toutefois des trajectoires différentes : les yaourts et laits fermentés augmentent de 5,4 %, alors que les desserts lactés reculent de 3 %.

Les produits destinés à l’industrie connaissent une évolution plus défavorable. La production de poudre de lactosérum chute de 17,5 %, à 28 259 tonnes, et celle des caséines et caséinates diminue de 10,8 %, à 4 498 tonnes. Le séchage de poudres de lait recule de 4,4 %, même si le conditionnement des poudres progresse de 6,9 %.

Enfin, la production de lait conditionné diminue de 1,4 %, à 199,2 millions de litres, et celle de crème conditionnée de 0,4 %. Le lait concentré conditionné enregistre le repli le plus marqué, avec une baisse de 41,3 %, à seulement 471 tonnes.

Ces données d’Agreste illustrent une conjoncture contrastée : les volumes de lait collectés restent supérieurs à ceux de l’année précédente, mais le recul du prix du lait conventionnel est marqué. Du côté des industriels, les fabrications progressent sur certains produits de grande consommation, tandis que plusieurs produits laitiers destinés à l’industrie enregistrent des baisses importantes.

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