À la ferme du Ramier, le fromage est une histoire de famille

Hélène Depierre et Edith Lapeyre entourent leur père Jean-Marie Maraval.

 

Haut-lieu touristique du Tarn-et-Garonne, la Ferme du Ramier est une institution où le fromage se fabrique à l’ombre des chapeaux de paille. L’aventure a démarré en 1988 avec la fabrication d’une tome commercialisée sur les marchés, les foires et les salons. « Nos parents ont développé la commercialisation et la vente en direct. Dès 1971, ils écoulaient des berlingots de lait cru auprès des hôpitaux, des écoles et de la caserne de Montauban », raconte Edith Lapeyre, qui a repris la ferme avec sa soeur Hélène Depierre. La tome du Ramier acquiert très vite une belle notoriété. Aujourd’hui, avec une gamme de fromages plus étoffée, la fromagerie transforme 750 000 litres des 1,4 Ml produits sur la ferme. « Nous proposons de la raclette fermière en hiver, un Ramier roux (doux ou vieux), ainsi que le Bleu du Ramier. » Les produits frais (5 % de la fabrication) regroupent faisselle, fromage blanc, fromajou, tartinades et lait frais. La moitié de la production est écoulée directement à la ferme, sur les foires et les marchés, ainsi que dans les magasins de producteurs. L’autre moitié part en circuit-court auprès des épiceries fines, restaurants, de la restauration collective et de la GMS. « Maîtriser la chaîne de A à Z, de l’élevage à la commercialisation, c’est ce qui est passionnant et ce qui nous permet de vivre. »

Une ferme pionnière
L’innovation a toujours été au cœur de cet élevage, lui assurant une trajectoire singulière dans un département qui ne compte plus aujourd’hui que 70 exploitations laitières. « Maman était passionnée de génétique, elle s’est battue pour obtenir le droit de pratiquer elle-même les inséminations », se souvient Édith. « Il fallait oser se battre contre le monopole des centres d’insémination ! » Aujourd’hui, l’éleveuse a pris la suite et insémine les vaches. En 2002, la ferme se modernise.  Le rototandem est remplacé par un robot de traite. « Le premier du département ! » Depuis 2010, deux robots fonctionnent. Un distributeur de fourrage et une pailleuse complètent les équipements. Labellisée Haute valeur environnementale (HVE) et affichant un très bon bilan carbone, la ferme du Ramier exploite également une unité de micro-méthanisation de 33 kW. Elle valorise le lactosérum issu de la fromagerie et le lisier. En cogénération, l’unité produit à la fois de l’électricité et de la chaleur, utilisée notamment par la fromagerie. En 2025, des panneaux photovoltaïques, d’une puissance totale de 300 kw, ont été installés sur un bâtiment de stockage. Dans le troupeau, seules les vaches hautes productrices sont conservées dans un souci de réduction du méthane. À la ferme du Ramier, l’environnement reste plus que jamais un fil conducteur pour penser les choix et les investissements de demain.

NB

L’article complet est à retrouver dans le numéro de septembre 2026.

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