Dans un contexte économique particulièrement instable, les coopératives laitières montent au créneau. Entre les répercussions de la guerre au Moyen-Orient et la flambée persistante des coûts de production, elles jugent déjà obsolètes les accords commerciaux récemment conclus avec la grande distribution sur les marques nationales.
Sur le terrain, les éleveurs subissent de plein fouet la hausse des charges.
L’augmentation d’environ 50 centimes par litre de GNR se traduit concrètement par un surcoût de 11,5 € pour 1 000 litres de lait.
Un chiffre qui, pris isolément, peut sembler limité, mais qui s’ajoute à la volatilité des prix de l’énergie et des engrais, pesant lourdement sur la trésorerie des exploitations. La transformation n’est pas épargnée. Les industriels font face à une inflation généralisée, touchant à la fois l’énergie, les matières premières et l’accès à certains marchés export, parfois perturbé. Résultat : c’est l’ensemble de la filière laitière qui se retrouve exposée à des effets économiques à la fois immédiats et cumulatifs.
Réouverture des négociations commerciales
Dans ce contexte exceptionnel, les coopératives demandent la réouverture des négociations commerciales afin d’intégrer ces évolutions, tant à court qu’à moyen terme. Une demande qui intervient alors que se profilent les discussions sur les marques de distributeurs (MDD), source d’inquiétude supplémentaire. Les acteurs de la filière redoutent en effet un climat de tension similaire à celui observé sur les marques nationales.
Face à ces enjeux, les coopératives appellent la grande distribution à faire preuve de responsabilité. Elles plaident pour des négociations constructives, respectueuses des équilibres économiques entre l’amont agricole et l’aval industriel. En ligne de mire : la nécessité de garantir une juste rémunération de la matière première agricole, au même titre que la matière première industrielle.
Pour Pascal Le Brun, président de La coopération laitière, l’équation est claire : les conditions actuelles ne permettent déjà plus de faire face aux réalités économiques. La réouverture des négociations apparaît indispensable, tout comme l’instauration d’un dialogue équilibré pour les MDD. Un préalable jugé essentiel pour préserver la production laitière française et accompagner les transitions en cours dans les territoires.
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