La main-d’œuvre hispanique à l’épreuve de Trump

Depuis l’élection de Donald Trump, les éleveurs laitiers subissent un accroissement significatif des contrôles des services d’immigration vérifiant si leurs salariés souvent originaires d’Amérique latine sont en règle et disposent des autorisations de travail adéquates.

Outre-Atlantique, les producteurs laitiers doivent faire face à une actualité anxiogène.  En ce début d’automne, les éleveurs laitiers du Minnesota et plus largement américains sont inquiets. Ils subissent de plus en plus souvent des contrôles vérifiant si leurs salariés souvent immigrés ont les autorisations pour pouvoir travailler. En cas d’infraction, ils risquent d’être placés en détention pour avoir employé des illégaux. La réglementation sur l’immigration se durcit sans cesse depuis l’arrivée au pouvoir du Président Trump. C’est une réelle menace, puisque 80 % des élevages du Wisconsin et de l’État de New York possédant plus de 500 vaches, emploient de la main-d’œuvre hispanique, souvent mexicaine.

La seconde inquiétude des éleveurs est l’arrêt programmé de la BST au 1er janvier 2018, obtenu sous la pression des consommateurs et des laiteries. Si un certain nombre d’exploitations se passent d’ores et déjà de la somatotropine, approuvée par la FDA en novembre 1993, certains craignent l’impact de cet arrêt sur leur niveau de production. En première analyse, la production par vache pourrait baisser de 10 % puisque cette valeur est la “promesse” de l’hormone. Toutefois, sa disparition ne devrait pas pour autant impacter la collecte américaine à ce point, et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord, son effet sur les multipares est bien moindre. Ce sont principalement les primipares qui devraient voir leur production se réduire. Ensuite, le cheptel de renouvellement devrait permettre aux éleveurs d’augmenter légèrement la taille de leur troupeau. Mais, surtout, l’interdiction de la BST incite à un management plus rigoureux en terme de reproduction, d’élevage des veaux et de gestion de l’élevage, y compris de la séparation des primipares plus facile à réaliser dans les grands troupeaux. L’arrêt de la BST pourrait également modifier les flux d’exportation. Jusqu’à présent, le lait et les produits laitiers américains étaient en effet bloqués aux frontières de l’UE et d’autres pays qui avaient banni, depuis longtemps déjà, l’hormone recombinée. La surproduction américaine pourrait donc augmenter au lieu d’être jugulée.

Autre évolution, relative au bien-être animal cette fois, l’interdiction de couper la queue qui est effective depuis janvier 2017 pour tous les producteurs désireux d’adhérer au programme FARM (2), regroupant 90% des fermiers américains. Initialement programmée pour être progressivement supprimée sur une période de 10 ans allant de 2012 à 2022, cette interdiction de couper les queues a finalement été avancée de cinq ans par la Fédération nationale des producteurs laitiers sous la pression notamment des grands de la distribution et de la restauration, comme notamment Wallmart, Krogger ou encore Starbuck. Dans le domaine du bien-être de leurs animaux, les éleveurs du Minnesota sont particulièrement attachés aux logettes sur sable. Ils ont développé différentes méthodes pour nettoyer et recycler celui-ci, la difficulté étant de le laver puis de le sécher.  « Dans le Minnesota, les logettes sur sable sont le standard. Il est confortable, les vaches y restent couchées plus longtemps. Les vaches boiteuses s’y sentent bien. Comme il s’agit d’un matériau non organique, les bactéries ne s’y développent pas », confirme Jonathan Huxtable de Zinpro.

Par Yanne Boloh

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