Les bâtiments d’élevage toujours renouvelés

Les bâtiments d’élevage toujours renouvelés

Poussés par l’agrandissement des troupeaux, les producteurs de lait ou de viande bovine continuent à construire et à rénover les bâtiments d’élevage. Une enquête du ministère de l’agriculture fait le point.

En moyenne, chaque exploitation d’élevage dispose de bâtiments d’une surface totale de 1 330 m². Avec 65 vaches laitières en moyenne, « les élevages laitiers possèdent une capacité d’hébergement total plus vaste (1 517 m²) que les élevages de vaches allaitantes (1 134 m²), avec un cheptel moyen de vaches plus réduit (56). Les élevages mixtes, de taille moyenne plus grande encore, ont des capacités d’hébergement également plus élevées. »

Densité plus forte en allaitant

« Dans l’ensemble des élevages, la surface moyenne d’hébergement par animal est de 12,1 m² par unité équivalente gros bétail (UGB). Cette surface est cependant plus faible dans les élevages allaitants (11,7) que dans les élevages laitiers (13,2), dont les animaux sont moins souvent à l’extérieur des bâtiments. Parmi les premiers, près d’un élevage sur cinq pratique le plein air intégral, contre seulement 2 % des élevages laitiers. Cette pratique permet de limiter les investissements, le travail de manutention et d’entretien, ainsi que certains risques sanitaires. Si l’espace moyen par animal varie peu selon la taille du cheptel en élevages laitiers, il décroît sensiblement avec la taille pour les élevages de vaches allaitantes (de 14,8 m² par UGB pour ceux ayant moins de 25 vaches allaitantes à 11,3 m² par UGB pour ceux de plus de 100 vaches allaitantes). »

Davantage de bâtiments récents dans les grands élevages

« En moyenne, l’année de construction des bâtiments d’élevage de bovins remonte à 1982. Plus de 42 % de ces bâtiments ont bénéficié d’une rénovation majeure qui remonte en moyenne à 1998. Mais cette ancienneté varie selon les élevages. La moitié des bâtiments des élevages laitiers ont été construits ou rénovés après 2000, mais seulement 38 % de ceux des élevages allaitants l’ont été après cette date. La rénovation des bâtiments des élevages laitiers, qui abritent les animaux sur de plus longues périodes, représente en effet des enjeux plus importants pour la réduction des risques sanitaires et la gestion optimale des effluents. La part des bâtiments construits ou rénovés après 2000 a également tendance à augmenter avec la taille des élevages, quel que soit le type d’élevage. Avec l’agrandissement des exploitations, leur taille moyenne est désormais deux fois plus grande que celle des bâtiments construits avant 1980. »

La stabulation entravée disparaît

« La majorité des bâtiments hébergeant des bovins permettent des déplacements sans aucune entrave (stabulation libre), mais ce mode de stabulation est plus fréquent pour les vaches allaitantes (77 % des bâtiments concernés) que pour les vaches laitières (52 %). En effet, pour ces dernières, 27 % des bâtiments prévoient des logettes individuelles qui obligent les animaux à sortir de leur espace de couchage en reculant, sans le souiller. Cette part monte à près de 40 % pour les bâtiments construits ou rénovés après 2010. Avec ce mode de stabulation, l’éleveur est en mesure de réduire sa consommation de paille et les risques de mammites. Dans ces élevages laitiers, et quel que soit le type d’animaux hébergés, la part des bâtiments avec stabulation entravée est de plus en plus rare : elle est de 26 % pour les bâtiments construits avant 1970 et de seulement 2 % pour ceux d’après 2000. Pour les vaches allaitantes, près de 20 % des bâtiments prévoient des attaches individuelles, mais cette proportion est d’autant plus faible que les élevages sont grands et que les bâtiments sont récents. Ainsi, quel que soit le type d’animaux hébergés, 41 % des bâtiments des élevages allaitants construits avant 1970 accueillent des animaux entravés, contre seulement 6 % pour ceux d’après 2000. »

Matelas ou tapis dans les grands troupeaux

« Près des trois quarts des élevages laitiers disposent d’une aire d’exercice distincte pour leurs animaux, le plus souvent couverte (87 %). Cette aire est d’autant plus fréquente que l’élevage laitier est grand. Seuls 16 % des élevages de vaches allaitantes proposent une aire d’exercice distincte, couverte pour les deux tiers. »

« À l’exception des veaux de boucherie élevés en batterie, les bovins sont le plus souvent élevés sur de la litière paillée : 78 % des bâtiments hébergeant des vaches laitières et 90 % des bâtiments hébergeant des vaches allaitantes ou des jeunes bovins utilisent ce mode de couverture des sols. Les élevages avec litière paillée ont utilisé en moyenne 160 tonnes de paille en 2015 : 130 t dans les élevages allaitants et 180 t dans les élevages bovin lait. La consommation de paille est un poste de dépense non négligeable et sa réduction un enjeu pour les éleveurs, notamment dans les exploitations faiblement autonomes en paille. Ainsi, les litières avec matelas ou tapis, le plus souvent associées à des logettes, et qui offrent par ailleurs un meilleur confort à l’animal, équipent désormais 14 % des bâtiments hébergeant des vaches laitières. Cette fréquence s’accroît avec la taille des élevages (près de 30 % des bâtiments dans les élevages de plus de 100 vaches laitières). »

A télécharger : Pratiques de stabulation et de gestion des effluents en élevages de bovins (février 2019)

A lire également : La taille de cheptel influence les pratiques sanitaires (6 mai 2019)

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