Prix du lait : mobilisation générale à la FNPL

À l’issue de son Conseil d’administration du 28 janvier 2026, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) tire la sonnette d’alarme. Le prix du lait menace de repasser sous les coûts de production, une situation que les éleveurs pensaient définitivement derrière eux après des années de crise.

« Nous ne laisserons pas revenir les années noires où produire du lait faisait perdre de l’argent », prévient Yohann Barbe, président de la FNPL. Pour le syndicat, les signaux envoyés par certains acteurs de la filière sont particulièrement inquiétants et ne peuvent être réduits à une simple évolution conjoncturelle des marchés mondiaux. La colère des producteurs s’appuie d’abord sur le manque de transparence de certains industriels concernant le niveau réel de la Matière Première Agricole (MPA) pris en compte dans les négociations commerciales avec la grande distribution. À cela s’ajoute l’impossibilité de vérifier le mix produit présenté lors des discussions avec les Organisations de Producteurs, une situation qui conduit trop souvent à des négociations sans issue.

La FNPL dénonce également des pratiques de déréférencements de produits laitiers français dans plusieurs enseignes. Ces choix pénalisent directement les producteurs, mais aussi les consommateurs et les transformateurs. Autre motif d’incompréhension, le recours croissant à des approvisionnements étrangers dans la restauration hors domicile alors même que la production française progresse.

Trop de lait en France ?

« On nous parle de trop de lait en France. Alors pourquoi voit on autant de produits importés dans la distribution et la restauration. C’est incompréhensible et inacceptable », insiste Yohann Barbe.

Pour la FNPL, la reprise de la production laitière française devrait au contraire être une opportunité pour renforcer la souveraineté alimentaire et améliorer la balance commerciale. Encore faut il que la filière s’organise pour valoriser ce lait sur le territoire national, qu’il s’agisse des produits de grande consommation, de la restauration ou des ingrédients. Le syndicat attend aussi une cohérence entre les discours et les actes des pouvoirs publics, notamment après les annonces de la ministre de l’Agriculture lors du lancement des conférences sur la souveraineté alimentaire. Les achats de produits français par les collectivités constituent à ce titre un levier essentiel.

Face à cette situation, le secrétaire général de la FNPL, Stéphane Joandel, annonce une mobilisation nationale du réseau syndical afin d’interpeller les industriels, les distributeurs et l’ensemble des opérateurs de la restauration hors domicile, qu’il s’agisse des grossistes, de la restauration collective, rapide ou commerciale. Objectif affiché, obtenir des engagements concrets pour sécuriser les approvisionnements en lait français et garantir durablement le revenu des producteurs.

Lisez également

UE–Mercosur : le Parlement européen saisit la cour de justice

Le Parlement européen a adopté, par 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions, une résolution demandant à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’évaluer la conformité de l’accord UE–Mercosur avec les traités européens.