Querelle des anciens et des modernes

« L’âge ne sera finalement pas un frein aux aides Pac », se félicite la Coordination rurale. A l’inverse, les JA affichent leur « déception sur la définition de l’actif ».

Lors du Conseil supérieur d’orientation (CSO) du 20 décembre, le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, a annoncé que, dans le cadre de la Pac 2023-2027, « le choix sera laissé à l’agriculteur atteint par la limite d’âge maximal de départ à la retraite à taux plein (67 ans) d’ouvrir ses droits et ne plus toucher de Pac, ou de continuer d’exercer le métier en touchant les aides Pac à condition de ne pas faire valoir ses droits à la retraite », rapporte la Coordination rurale (CR) dans un communiqué.

Pour Bernard Lannes, président de la CR, « il est intéressant de laisser cette liberté à ceux qui veulent ou doivent continuer d’exercer le métier, pour des choix ou des raisons de vie qui leur sont propres. Le but est de maintenir une agriculture active, sans provoquer un effet de vague de départs en instaurant un âge couperet. De nombreux cédants se retrouveraient alors sans repreneur, face à des fonds financiers qui visent le placement plutôt que l’activité nourricière. »

Un « pas en arrière » (JA)

Le point de vue est tout différent chez les Jeunes agriculteurs (JA) qui dénoncent un « recul » du ministre sur la définition de l’agriculteur actif. « Alors que les arbitrages de juillet, puis l’accord conclu en novembre lors d’un Comité Etat/Régions, confirmaient les avancées importantes sur le sujet, les dernières décisions inattendues marquent un pas en arrière. Le remplacement du critère d’âge légal de départ à la retraite par un principe de non-cumul des aides Pac avec une pension de retraite au-delà de l’âge légal de départ en retraite, ne peut qu’être décevant. Dans un contexte démographique inédit, il est pourtant vital, pour assurer le renouvellement des générations en agriculture, d’avoir une véritable réflexion sur les bénéficiaires des aides Pac par le prisme de l’âge et de la transmission », écrivent les JA dans un communiqué du 21 décembre.

« Les aides Pac ne sont pas des aides à vocation sociale. Elles doivent être réservées à ceux qui exercent réellement le métier. Néanmoins, et même si cela est loin d’être suffisant, nous relevons que la formulation retenue va permettre d’introduire un critère d’âge dans les textes en plus d’autres critères qui pourront venir préciser cette définition. Lors des prochains échanges prévus dès janvier 2022, le Gouvernement pourra compter sur la pleine mobilisation de Jeunes Agriculteurs pour construire a minima des propositions complémentaires », conclut le communiqué.

BC

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