Bruxelles prévoit un redressement du prix du lait

Bruxelles prévoit un redressement du prix du lait

L’UE devrait tirer parti de la hausse de la production et des échanges mondiaux de produits laitiers à l’horizon 2030. Les prix en ferme dépasseraient 390 €/t en fin de période.

La Commission européenne a diffusé, le 6 décembre, ses Perspectives agricoles 2018-2030. En lait, la production mondiale devrait progresser d’au moins 15 millions de tonnes (Mt) par an d’ici à 2030 pour dépasser 1 milliard de tonnes en fin de période. Plus de 40 % de cet accroissement global est attendu en Inde, qui « investit continuellement dans des grandes fermes et des infrastructures modernes ». En revanche, le pays ne devrait pas intervenir sur le marché mondial des produits laitiers, sauf « conditions exceptionnelles ». Dans les autres pays d’Asie, la croissance de la production laitière devrait avoisiner 2,1 Mt par an, principalement au Pakistan, où l’essentiel du lait est consommé sur la ferme (moins de 5 % est commercialisé). En Chine, la production devrait progresser relativement peu (+ 0,65 Mt par an) en raison des contraintes environnementales et du manque de compétitivité des élevages. En Afrique, la production laitière devrait se développer à un rythme près de 5 fois plus rapide que par le passé (+ 1,2 Mt par an), principalement en Afrique de l’Est. Cependant, la demande domestique devrait augmenter plus rapidement encore, rendant nécessaires des importations additionnelles.

La Nouvelle-Zélande s’attend à devenir moins dynamique au niveau national que par le passé (+ 1,6 % par an), de sorte que ses investissements à l’étranger devraient augmenter. L’expansion du troupeau laitier sera limitée par la disponibilité des ressources. La croissance de la productivité, basée sur l’utilisation d’intrants alimentaires (par exemple la farine de palmiste), pourrait être limitée en raison de son impact sur la composition en matière grasse du lait qui rend difficile la fabrication de certains produits laitiers, par exemple le beurre. Aux États-Unis, la production laitière devrait connaître une croissance soutenue (environ + 0,7 % par an), bien que plus faible que par le passé grâce aux économies d’échelle et aux gains d’efficacité résultant de la consolidation des fermes. Le marché intérieur absorbera une part importante de ce lait supplémentaire en raison de la hausse de la population (+ 0,7 % par an) et d’une augmentation, faible mais régulière, de la consommation de produits laitiers par habitant. En outre, les États-Unis devraient renforcer leur position sur le marché mondial pour atteindre 15 % de part de marché en 2030, soit + 3 Mt d’exportations équivalent lait sur la période (principalement du lait écrémé en poudre et du fromage).

L’UE devrait capter 35 % de l’accroissement de la demande mondiale de produits laitiers attendu sur la période. Comme la demande intérieure est, elle aussi, attendue en hausse, la production européenne progresserait de 0,8 % par an en moyenne pour atteindre 182,2 Mt en 2030 (166,6 Mt en 2018). Le nombre de vaches laitières diminuerait régulièrement pour revenir de 23 millions de têtes en 2018 à 21,9 millions de têtes en 2030. Le rendement moyen par vache évoluerait à la hausse pour passer de 7 151 kg en 2018 à 8 240 kg en 2030. Le prix du lait à la production, estimé à 336 €/t en moyenne dans l’UE en 2018, progresserait régulièrement pour atteindre 343 €/t en 2020, 359 €/t en 2025 et 391 €/t en 2030.

BC

A télécharger : Perspectives agricoles 2018-2030 (Commission européenne, 6 décembre 2018, en anglais)

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