La sécheresse et les fortes chaleurs continuent de peser lourdement sur les prairies françaises. Au 20 août 2026, la pousse cumulée des prairies permanentes est inférieure de 36 % à la moyenne de référence 1989-2018, selon Agreste. À cette date, les prairies n’ont produit que 51 % de leur production annuelle habituelle, contre 79 % en année moyenne.
Après trois mois marqués par le manque d’eau et des températures élevées, la situation continue de se dégrader. Depuis le 20 juin, la pousse de l’herbe est quasiment à l’arrêt sur l’ensemble du territoire. Seules certaines zones alpines ont encore enregistré une production au cours des deux derniers mois.
Toutes les régions touchées
Aucune région française n’échappe au déficit. À l’exception de Provence-Alpes-Côte d’Azur, où il reste inférieur à 20 %, le déficit dépasse ce seuil partout ailleurs. Dans 81 % des régions fourragères, représentant 88 % des surfaces françaises en prairies permanentes, le recul de production cumulée dépasse même 25 %. Les situations les plus sévères sont observées dans le Limousin, avec un déficit supérieur à 50 %, ainsi que dans le quart nord-est, où il dépasse 40 %.
À l’échelle régionale, l’indicateur de rendement des prairies permanentes atteint notamment 59 % en Bourgogne-Franche-Comté, 59 % dans les Hauts-de-France, 60 % en Nouvelle-Aquitaine et 62 % en Occitanie. Il s’établit à 64 % en Auvergne-Rhône-Alpes, 67 % en Centre-Val de Loire et en Normandie, 68 % en Pays de la Loire, 69 % en Bretagne et 73 % dans le Grand Est. L’Île-de-France affiche un indicateur de 77 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes bénéficie toutefois de certaines zones alpines encore productives.
Des stocks fourragers fortement sollicités
Pour les éleveurs bovins, ce déficit de pousse intervient après un printemps déjà marqué par des conditions climatiques difficiles. L’arrêt prolongé de la croissance de l’herbe réduit les possibilités de pâturage et contraint les exploitations à puiser davantage dans leurs stocks de fourrages.
La situation est particulièrement préoccupante pour les élevages qui comptaient sur les prairies pour constituer une partie importante de leurs stocks hivernaux. Avec une production cumulée limitée à 51 % de la normale au 20 août, les perspectives de reconstitution des réserves restent très tendues.
La pluviométrie des prochaines semaines sera donc déterminante. Un retour des précipitations pourrait permettre une reprise de la pousse, mais il ne suffira pas nécessairement à compenser l’important retard accumulé depuis le début de la campagne.
Source : Agreste, Infos rapides n°101, août 2026. Données INRAE, Météo-France et SSP.
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