Face à une sécheresse qualifiée d’historique, l’INAO a engagé des modifications temporaires de plusieurs cahiers des charges sous signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO). L’objectif est de permettre aux éleveurs confrontés à des difficultés exceptionnelles de poursuivre leur activité, tout en préservant l’identité et les caractéristiques des produits concernés.

Ces adaptations peuvent notamment concerner la gestion des stocks et l’utilisation des fourrages, ainsi que certaines pratiques d’élevage. Les demandes sont étudiées au cas par cas, à la demande des organismes de défense et de gestion des appellations, sur la base d’éléments objectifs permettant de justifier l’impact des conditions climatiques.
Plusieurs grandes AOP laitières concernées
Au 25 août 2026, plusieurs appellations liées à l’élevage bovin laitier bénéficient déjà de modifications temporaires. Parmi elles figurent l’Abondance, le Beaufort, le Bleu d’Auvergne, le Bleu du Vercors-Sassenage, le Cantal, le Comté, la Fourme d’Ambert, la Fourme de Montbrison et le Reblochon. L’AOP Rocamadour, produite au lait de chèvre, figure également dans la liste publiée par l’INAO. Ces appellations reposent sur des cahiers des charges qui encadrent notamment l’alimentation des animaux et l’origine des fourrages. La sécheresse peut donc rapidement mettre les élevages en difficulté lorsque les stocks constitués pour l’hiver doivent être entamés plus tôt que prévu. L’enjeu est particulièrement important pour les filières AOP laitières. La France compte 46 AOP au lait de vache et 16 AOP au lait de chèvre selon les données de l’INAO. Ces filières représentent un important tissu d’élevages et de transformateurs répartis dans les territoires.
Le manque de fourrage au cœur des difficultés
Pour les éleveurs, la principale conséquence de la sécheresse est la dégradation de l’autonomie fourragère. Une baisse de la pousse de l’herbe, associée à des récoltes plus faibles, oblige certains exploitants à puiser dans leurs stocks plusieurs semaines ou plusieurs mois avant la période habituelle.
Cette situation est particulièrement sensible dans les élevages engagés en agriculture biologique. L’INAO indique qu’au 25 août, plus de 400 dérogations avaient été accordées à des élevages laitiers bio pour permettre l’utilisation de certains aliments non biologiques à la suite de pertes de production liées à la sécheresse. Ces autorisations restent individuelles et encadrées.
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