Les bienfaits environnementaux des éleveurs Biolait

Les diagnostics réalisés entre 2024 et 2026 sur 200 fermes laitières biologiques de Biolait mettent en évidence un stockage de carbone supérieur aux références nationales, ainsi que des indicateurs favorables à la préservation de l’eau. La coopérative entend faire reconnaître ces services environnementaux pour assurer le maintien des systèmes herbagers pâturants.

« Nous devons collectivement prendre conscience que l’avenir de nos territoires repose sur les systèmes pâturants. Les fermes Biolait ont un rôle essentiel à jouer dans cette réponse », souligne Philippe Marquet, président de Biolait.

À l’occasion du Sommet de l’élevage, le 6 octobre, Biolait a présenté les résultats de sa démarche bas-carbone, conduite avec Carbone Farmers. Les diagnostics menés sur 200 exploitations entre 2024 et juin 2026 font ressortir les bienfaits environnementaux de ses élevages adhérents. Cela concerne notamment le stockage du carbone, la gestion de l’azote et la préservation des sols.

Un stockage de carbone supérieur aux références

Le stockage atteint 0,48 kg équivalent CO₂ par litre de lait dans les fermes diagnostiquées, contre 0,15 kg dans la référence nationale et 0,34 kg dans la référence biologique utilisée dans CAP2ER. Cela représente respectivement 220 % et 41 % de plus. Rapporté à la surface agricole utile (SAU), le stockage s’élève à 1 674 kg équivalent CO₂/ha, contre 876 kg/ha pour la référence nationale, soit un écart de 91 %. Les diagnostics font également apparaître un indice de biodiversité supérieur de 17 % à la référence retenue, notamment en lien avec la présence de prairies et de haies et l’absence de produits phytosanitaires de synthèse. La consommation d’énergie par hectare de SAU est, quant à elle, inférieure de 60 % à la référence utilisée. La place du pâturage, qui limite le temps passé en bâtiment et certains besoins de mécanisation, contribue à cet écart.

L’herbe au cœur des systèmes

Biolait rassemble 1 043 fermes laitières biologiques, représentant près de 90 000 ha de prairies. L’herbe constitue 95 % de l’alimentation des vaches, avec une surface pâturée moyenne de 75 ares par vache et par an. En 2025, les animaux ont pâturé en moyenne 279 jours, soit près de quatre mois de plus que la référence conventionnelle citée par le collectif, établie à 143 jours, et deux mois de plus que la référence biologique, à 199 jours. Ces systèmes reposent ainsi sur une place importante accordée au pâturage et aux prairies, dont les fonctions dépassent la seule production fourragère.

Des indicateurs favorables à la qualité de l’eau

Le bilan azoté présente un excédent inférieur de 77 % à la référence nationale. Un surplus d’azote plus faible limite le risque de pertes vers les eaux, notamment sous forme de nitrates. Les fermes diagnostiquées comptent par ailleurs 97 mètres linéaires de haies par hectare de SAU, contre 27 mètres pour la référence nationale. Les haies peuvent ralentir les écoulements, favoriser l’infiltration de l’eau et limiter l’érosion. Associées à une couverture importante des sols par les prairies et à une pression animale plus faible, elles participent au fonctionnement hydrologique des territoires. La densité animale des exploitations diagnostiquées est inférieure de 11 % à la référence nationale.

Trois leviers de progrès pour les élevages

Au-delà de la mesure des pratiques existantes, Biolait entend engager ses adhérents dans une trajectoire de progrès sur cinq ans. Les deux tiers des exploitations concernées ont choisi d’activer au moins trois leviers de réduction des émissions ou d’augmentation du stockage du carbone. Parmi les orientations retenues, 65 % des fermes prévoient de réduire leurs effectifs de génisses, 45 % souhaitent planter davantage de haies et se sont fixé un objectif de 101 mètres linéaires par hectare de SAU à cinq ans. Enfin, 42 % envisagent d’augmenter la production laitière par vache. Pour Biolait, ces résultats confortent l’intérêt des systèmes herbagers, mais leur maintien suppose une reconnaissance économique des services rendus. Le collectif travaille depuis plus de deux ans à une proposition visant à rapprocher les enjeux liés à l’eau et à la décarbonation, tout en maintenant une production laitière dans les territoires, notamment les moins denses.

 

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