« Pas de vision sur le prix du lait en 2018 »

Le président de Coop de France métiers du lait (ex-FNCL) et de Sodiaal n’a pas voulu jouer les oracles, le 1er février devant la presse. Les incertitudes sur le marché européen et mondial sont trop fortes pour risquer un pronostic.

« Je n’ai pas de vision sur le prix du lait en 2018. Tout dépendra de la poudre de lait écrémé », analyse Damien Lacombe. De fait, l’UE a accumulé un stock de 380.000 tonnes qu’elle ne parvient pas à écouler, sauf marginalement (1.800 t en janvier). « La Commission est un peu sur la défensive. Cela ne nous satisfait pas. Il faut trouver une solution pour que le marché se rééquilibre. »

Coop de France propose à la filière laitière européenne de mettre la main à la poche pour faciliter l’écoulement de ce stock vers l’alimentation animale ou vers l’aide alimentaire. Cette idée, présentée aux coopératives laitières de l’Union européenne, a reçu « un très bon écho aux Pays-Bas et en Allemagne », assure Damien Lacombe. Coop de France confirme les informations de la FNPL selon lesquelles industriels laitiers et distributeurs ont retenu, dans leurs conditions générales de vente pour 2018, des prix prévisionnels du lait à la production s’inscrivant dans la fourchette 335-375 €/1 000 l, centrée sur 355 €/1 000 (c’est aussi le prix moyen constaté en France en 2017). « Nous ne sommes pas résolus à avoir des difficultés plus importantes en 2018 », positive Damien Lacombe. D’abord parce que la matière grasse continue à bien se valoriser – « une nouvelle tension sur le beurre cet été n’est pas exclue ». Ensuite parce que les États généraux de l’alimentation et le projet de loi qui en découle ont fait souffler un vent d’optimisme. « Nous sentons une volonté très forte du gouvernement de permettre à tous les maillons de la chaîne alimentaire de vivre honorablement. Les mesures demandées par Coop de France ont été suivies pour la plupart : sur la revente à perte, les promotions, la clause de renégociation, les prix abusivement bas ». Si, dans les négociations commerciales en cours, « les bonnes intentions ont du mal à être suivies d’effets, admet-il, le match n’est pas joué ». Verdict à la fin février pour les produits laitiers à marques.

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