La méthanisation sans élevage à l’essai

Le bilan énergétique est positif, le bilan environnemental en demi-teinte, le bilan nourricier négatif.

Le ministère de l’agriculture vient de rendre publique une étude AgroParisTech-Inrae sur les performances agronomiques et environnementales de la méthanisation agricole dans un contexte de grandes cultures céréalières, assortie de recommandations. Au point de départ, un constat : une « méthanisation sans élevage se développe en Ile-de-France, notamment adossée à la production de cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) », dont on peut attendre des « effets positifs et négatifs ».

L’étude montre d’abord la « relative homogénéité des systèmes de culture concernés. Les CIVE principales sont le maïs en été et l’orge en hiver, conduites de façon assez intensives par comparaison à des couverts, tant en termes de fertilisation, de protection phytosanitaire, voire d’irrigation dans certains cas. Les rendements de biomasse obtenus sont plutôt élevés. L’introduction des CIVE amène des changements de cultures principales conséquents (diminution de la sole en blé notamment). Les méthaniseurs enquêtés sont alimentés par une part variable de CIVE (de 15 à 70 % environ), le complément étant principalement constitué de déchets ou de coproduits agricoles. Le digestat produit est valorisé principalement sur céréales en sortie d’hiver. »

Digestat : entre lisier porcin et fumier bovin

L’étude met également en évidence que « les digestats bruts et liquides sont assez proches d’un lisier de porc (bonne valeur fertilisante azotée mais faible contribution à la matière organique des sols). Le digestat solide est plus proche d’un fumier bovin (bon amendement mais faible valeur fertilisante azotée). »

« A l’échelle de la parcelle, la modélisation a permis de mettre en avant un ensemble d’effets plutôt favorables : production totale de biomasse augmentée, stockage de carbone, économies d’engrais de synthèse (N, P et K) ; des effets plutôt défavorables : volatilisation ammoniacale, pression accrue sur la ressource en eau, réduction de la production de biomasse non dédiée à la méthanisation ; et des effets incertains (pression phytosanitaire) ou neutres (lixiviation de nitrates). »

« A l’échelle de la ferme, la modélisation a mis en évidence l’impact favorable sur le bilan énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, sur l’utilisation d’engrais de synthèse et sur la pression phytosanitaire (avec un assolement optimisé). Les bilans nourriciers et la volatilisation ammoniacale sont impactés défavorablement. »

Enfin, sur la base des éléments qui précèdent et d’une concertation avec les différents acteurs impliqués dans le suivi de l’étude, un guide de bonnes pratiques a été élaboré. Il contient des recommandations et des pistes de recherches complémentaires sur la stratégie d’alimentation du méthaniseur, le choix des CIVE, la conduite des CIVE et la gestion du digestat de méthanisation.

BC

A télécharger :

Moins de maïs et plus de tournesol en 2022 (ministère de l’agriculture, 10 mai 2022)

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