Entre 2016 et 2024, la collecte laitière en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine a chuté d’environ 30 %. Une érosion massive qui illustre la crise profonde traversée par ces deux bassins laitiers du Sud-Ouest.

C’est dans cette région que s’est cristallisée la colère actuelle du monde agricole. À la lecture des chiffres de l’Enquête annuelle laitière d’Agreste, elle se comprend pleinement. Ainsi, en Occitanie, la production est passée de 804 millions de litres en 2016 à 564 millions de litres en 2024. En Nouvelle-Aquitaine, le recul est du même ordre : de 1,2 milliard de litres en 2016 à 846 millions de litres en 2024. L’érosion totale est continue, sans signe de stabilisation. De 2016 à 2024, ces régions ont perdu 30,5 % de leur collecte laitière !
Une dynamique nationale qui masque les fractures territoriales
En 2024, 23,1 milliards de litres de lait de vache ont été collectés en France métropolitaine. Près de la moitié provient du quart nord-ouest (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire), qui demeure le principal bassin de production. Après trois années consécutives de baisse, la collecte nationale repart légèrement à la hausse en 2024 (+ 1,3 % sur un an). Pour autant, comparée à 2016 – année où la collecte atteignait 23,9 milliards de litres – la production nationale reste en recul de 3 %. Dans ce contexte, la situation du Sud-Ouest apparaît d’autant plus préoccupante : alors que la collecte nationale se stabilise, ces bassins continuent de décrocher.
Des fabrications contrastées selon les produits
En 2024, côté transformation au niveau national, les principales fabrications de produits laitiers restent dominées par :
- les laits liquides conditionnés : 2 769 millions de litres, dont plus de 80 % en demi-écrémé ;
- les fromages : 1 921 milliers de tonnes, à plus de 90 % issus du lait de vache ;
- les yaourts et laits fermentés : 1 376 milliers de tonnes ;
- les desserts lactés : 661 milliers de tonnes ;
- la crème conditionnée : 450 milliers de tonnes ;
- le beurre : 348 milliers de tonnes.
Après plusieurs années de fort recul (– 17,7 % entre 2016 et 2023), la production de laits liquides conditionnés se stabilise en 2024. La dynamique est plus favorable pour les yaourts et laits fermentés nature, en hausse continue depuis 2019 : + 5,8 % en un an, + 26,9 % depuis 2016. À l’inverse, les yaourts et laits fermentés aromatisés ou aux fruits progressent à peine en 2024 (+ 0,4 %), après une baisse structurelle marquée (– 23 % entre 2016 et 2023).
Les fabrications de fromages au lait de vache, globalement stables depuis cinq ans, augmentent légèrement en 2024. Les fromages au lait de chèvre et de brebis progressent également sur un an. Sur longue période, la production de fromages au lait de brebis reste quasi stable (– 1,9 % entre 2016 et 2024), tandis que celle au lait de chèvre recule nettement (– 13 %).
Une valeur qui résiste, sans réelle dynamique
En valeur, la production commercialisée de produits laitiers est quasi stable en 2024 (+ 0,5 %), pour atteindre 27,0 milliards d’euros. La valeur des fromages progresse de 2,4 %, tandis que celle des yaourts et desserts lactés augmente plus modérément (+ 1,7 %).
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