Filière veau de boucherie : de nombreuses interrogations

Tous les cinq ans, a lieu un symposium international destiné aux professionnels de la filière veau de boucherie. Fin avril, c’était au tour de la France, par l’intermédiaire d’Interbev d’organiser l’édition 2017 à la Baule. La France est en effet le premier pays consommateur de viande de veau en Europe. Ce marché génère un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros et concerne 6 000 éleveurs dont 2 700 spécialisés.  Un éleveur génère dans cette filière 5,93 équivalents temps plein. Au niveau consommation, l’Italie occupe la seconde place, juste après la France. En matière de production au niveau européen, ce sont les Pays-Bas qui arrivent en tête. La production de veau de boucherie a connu une baisse structurelle en Europe depuis les années 60. En France, leur nombre est passé de 1,89 en 1999 à 1,284 million en 2016. Depuis 1984, le cheptel bovin européen a en effet perdu 10 millions de vaches laitières dont 2,8 millions en France. La réduction du nombre de veaux et l’augmentation de leur prix jusque dans les années 2000 ont été compensées par l’allongement de la durée d’engraissement : le poids moyen des carcasses est passé de 90 kg en 1970 à 110 kg en 1983 puis 142 kg en 2016. Les Pays-Bas et l’Italie flirtent même avec les 156 kg. La consommation suit le repli de l’offre même si la production européenne est repartie à la hausse depuis 2015 dans trois des pays historiques, respectivement les Pays-Bas, la France et la Belgique.

L’alimentation est un point clé de la production des veaux de boucherie. Ces derniers reçoivent une alimentation mixte à base d’aliments d’allaitement et de produits fibreux. La partie fibreuse contribue à la maîtrise des coûts de production face à la volatilité des prix des produits laitiers et contribue au bien-être digestif de l’animal. Les durées d’élevage varient de 20 à 30 semaines. Au total, un veau consomme entre 250 et 350 kg d’aliments d’allaitement, et entre 50 et 250 kg d’aliment fibreux (à base de céréales). Depuis le début des années 2000, la tendance est à l’allongement des durées d’élevage, à l’augmentation des proportions d’aliments fibreux et au recul de l’utilisation de poudre de lait dans les aliments d’allaitement. Dans le cadre du plan Ecoantibio 2011/2016, la filière a conduit un plan de réduction de l’utilisation de médicaments vétérinaires, se traduisant par une diminution des résistances aux antibiotiques critiques comme les C3G/C4G*. Pour ce qui est de Ecoantibio 2017, l’Anses** et l’Idele*** mettent actuellement en place un observatoire pérenne des pratiques auprès d’un panel d’éleveurs volontaires. En ce qui concerne le suivi des ventes d’antibiotiques, il est en effet actuellement impossible de distinguer les veaux des bovins adultes

YB

* les C3G et C4G sont des antibiotiques de la famille des céphalosporines de troisième et quatrième génération.

**L’Anses est l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

***L’Idele est l’Institut de l’élevage.

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