L’antibiorésistance sous surveillance

L’exposition des bovins aux antibiotiques n’a pratiquement pas diminué en 2021, signe qu’un « palier » semble avoir été atteint.

Les ventes d’antibiotiques vétérinaires, toutes espèces animales confondues, ont atteint 371,17 t en 2021 (-10,7% par rapport à 2020, -59,5% depuis 2011), a indiqué, le 17 novembre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). L’exposition globale des animaux aux antibiotiques, mesurée par l’ALEA (1), a, elle, diminué de 3,2% sur un an (-0,9% en bovins) et de 47% sur dix ans (-20% chez les bovins).

« Si le taux de bactéries résistantes continue globalement de diminuer pour la plupart des antibiotiques, l’amoxicilline et l’amoxicilline-acide clavulanique font exception », note le rapport annuel de l’Anses. « Depuis cinq ans, le taux d’Escherichia coli résistantes à ces antibiotiques augmente chez toutes les espèces suivies par le Résapath (2), sauf pour les dindes. La diminution de la résistance semble avoir atteint un palier chez les bovins » : dans cette espèce, « les taux de bactéries résistantes sont stables ou à la hausse selon les antibiotiques. Les bactéries résistantes sont très fréquentes : jusqu’à 70 % pour certains antibiotiques. Les souches multirésistantes sont plus fréquentes chez les bovins et les porcs (17-20 %) que chez les volailles, chiens, chats et chevaux (5-10 %). »

Hausse de l’exposition par la voie orale en 2021

« Le niveau d’exposition des bovins aux antibiotiques a diminué de 23% depuis 2011, d’après les ALEA calculés pour les traitements oraux et parentéraux. Entre 2020 et 2021, l’ALEA a diminué de 0,9%. L’exposition via les injectables a diminué de 19,2% par rapport à 2011, et de 3,2% entre 2020 et 2021. L’exposition par la voie orale a diminué de 33,1% par rapport à 2011 et a augmenté de 7,5% sur la dernière année. L’exposition via les prémélanges médicamenteux et les autres formes orales représente moins de 0,5% de l’exposition des bovins en 2021. »

« Après une baisse de 24,2% entre 2011 et 2016, le niveau d’exposition des bovins est relativement stable sur les dernières années (+1,5% par rapport à l’ALEA de 2016). De fortes diminutions d’exposition ont été observées pour les Céphalosporines de dernières générations (-94,9%), Fluoroquinolones (-90,2%) et Macrolides (-24,3%), par rapport à 2011. Depuis 2016, une relative stabilisation de l’exposition des bovins est observée pour la majorité des familles d’antibiotiques. Entre 2020 et 2021, l’exposition aux antibiotiques a principalement diminué pour les Macrolides (-6,9%) et a augmenté pour les Aminoglycosides (+2,5%) et les Tétracyclines (+2,5%). »

Moins de traitements intra-mammaires

« Le nombre de traitements intra-mammaires par vache laitière est estimé en 2021 à 1,09 traitement par vache laitière. Cet indicateur a diminué de 33,9% par rapport à 2011. Une diminution de 12,7% est observée sur la dernière année, mais on constate que cet indicateur est relativement fluctuant d’une année sur l’autre. En 2021, le nombre de traitements intra-mammaires est estimé à 49 traitements pour 100 vaches laitières en période de lactation et à 61 traitements pour 100 vaches au tarissement. Entre 2011 et 2021, le nombre de traitements intra-mammaires par vache laitière a baissé de 12,6% pour les traitements administrés au tarissement et de 49,4% pour les traitements en période de lactation. »

« Les Aminoglycosides, Polypeptides et Tétracyclines sont les familles les plus utilisées en période de lactation, et dans une moindre mesure les Céphalosporines de 1e et 2e générations et les Pénicillines. Les familles les plus utilisées au tarissement sont les Aminoglycosides, Céphalosporines de 1e et 2e générations et Pénicillines. Le nombre de traitements intra-mammaires à base de Céphalosporines de dernières générations par vache laitière a baissé de 99,1% entre 2013 et 2021 et a diminué de 27,8% par rapport à 2020. Selon les données déclarées, 2 vaches laitières sur 1 000 recevraient un traitement intra-mammaire à base de Céphalosporines de 3e et 4e générations (des antibiotiques d’importance critique en médecine humaine, NdlR) sur une année. »

BC

(1) L’ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials) correspond au rapport entre le poids vif traité estimé et la biomasse de la population animale en France.

(2) Bilan 2021 du Résapath (Anses, 17 nov. 2022)

A télécharger : Evaluation des plans Ecoantibio (CGAAER, mai 2022)

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