L'industrie laitière avare de chiffres

L'industrie laitière avare de chiffres

L’Observatoire des prix et des marges regrette un manque de transparence.

Philippe Chalmin, président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, a présenté, le 18 juin en visio-conférence, un 9e rapport annuel qui ne montre pas, de son point de vue, de « rupture majeure » dans le fonctionnement récent des filières agricoles. Très globalement, les prix à la production et les prix à la consommation ont évolué de manière parallèle en 2019 même si, selon lui, « on ne ressent pas encore l’impact de la loi Egalim ». Résumé à grands traits, les prix de la viande bovine ont été « à peu près partout insuffisants » en 2019 pour permettre à l’élevage allaitant de sortir d’une « situation extrêmement difficile ». En lait de vache, « c’est un peu plus favorable », avec des prix et des coûts de production à peu près en phase, « sauf en montagne ».

Philippe Chalmin a dit la « grande déception » que lui a causée, cette année, la transformation laitière, privée et coopérative. « Nous avons rencontré un manque d’enthousiasme à peu près total à participer à nos travaux. » Une attitude qui ne l’a pas surpris outre mesure. « L’absence de transparence est assez caractéristique de l’industrie laitière », ajoute le spécialiste des matières premières, qui envisage deux explications : la réticence des entreprises à dévoiler « ce qu’on a gagné ou perdu sur telle ou telle activité », une défiance plus générale de la filière à se reconnaître dans les méthodes de travail de l’Observatoire. En pratique, celui-ci n’a pu disposer d’aucune donnée sur la formation des prix des produits laitiers en 2019 quand l’industrie de la viande mettait sur la table les chiffres des trois premiers trimestres.

Un « effet EGA » (FNSEA, JA)

« Le rapport 2020 de l’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges (OFPM) publié ce jour démontre une nouvelle fois des situations économiquement difficiles pour les producteurs, et notamment des prix toujours trop bas pour couvrir les coûts de production dans la majorité des filières. Pourtant, en examinant de plus près les chiffres et leurs évolutions, il y a des raisons de croire en un effet EGA », écrivent la FNSEA et les Jeunes agriculteurs dans un communiqué du 18 juin. « A la faveur d’une conjoncture parfois favorable à la hausse des prix agricoles mais aussi du fait d’une mise en oeuvre de la Loi EGAlim avec la prise en compte des indicateurs de coût de production, les trajectoires de prix dans certains secteurs sont bien orientées. Il est à regretter que les charges en hausse empêchent d’en tirer un bénéfice plus conséquent pour les producteurs. »

« En 2020, la rénovation contractuelle a été interrompue par la crise du Covid-19, qui aura des impacts, parfois déjà tangibles, sur les prix payés aux producteurs. Faut-il pour autant stopper les efforts de mise en conformité des relations contractuelles avec la Loi ? Pour la FNSEA et JA, il faut au contraire accélérer ! C’est bien grâce à ce double cliquet indicateurs de coût de production et de marché que pourront être amortis les chocs conjoncturels à l’amont. »

BC

A télécharger :

Rapport 2020 de l’Observatoire des prix et des marges

Coûts de production des élevages bovins laitiers en 2018 et 2019 (Idele, 19 juin 2020)

Coûts de production des élevages bovins viande en 2018 et 2019 (Idele, 19 juin 2020)

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