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Pollutions électromagnétiques : un nouveau rapport ministériel confirme l’importance du phénomène

Le rapport de Dominique Tremblay et Thomas Clément sur la caractérisation de pollutions électromagnétiques en élevage a été publié sur le site du ministère de l’Agriculture. 

Dominique Tremblay, ancien éleveur (ancien vice-président de la Région Pays de la Loire en charge de l’agriculture) et désormais inspecteur général de l’agriculture, et Thomas Clément, inspecteur général de santé publique vétérinaire, ont rédigé un rapport de 152 pages pour caractériser l’impact des antennes relais, installations électriques et éoliennes sur les élevages. Ce document s’appuie sur une enquête auprès des éleveurs et l’audition d’une centaine de personnes dans plusieurs régions de France. Pour ce faire, un questionnaire avait été relayé par les Chambres d’agriculture. L’enquête s’est déroulée du 26 juin au 31 août 2023 et a visé tous les éleveurs de France métropolitaine situés dans un périmètre de 2 km d’un ou plusieurs équipements électriques.
Le nombre important de réponses (2 483 dont 1 015 complètes) reçues permet d’appréhender comme jamais la situation des élevages exposés. Ce rapport offre un nombre important de données dont une partie de l’exploitation est présentée dans ce rapport.
Il ressort d’ores et déjà que si la performance d’un élevage relève de connaissances techniques bien identifiées en matière de zootechnie ou de santé animale, d’autres sont plus difficilement appréciables, comme le sens inné de l’éleveur à conduire son élevage, l’environnement des champs électromagnétiques interne et externe à l’exploitation, les courants parasites ou la nature des sols. Aucun adhérent de l’Anast (Association nationale animaux sous tension) n’a participé à l’étude ou n’a été auditionné. 

Des attentes en matière de recherche
Le rapport rappelle l’importance et l’évolution de l’élevage en France avec 145 000 exploitations spécialisées et explique pourquoi les animaux d’élevage sont particulièrement exposés aux équipements sujets de l’étude. Il revient sur certaines actions engagées depuis plus de 20 ans, notamment la création du Groupement permanent pour la sécurité électrique (GPSE), pour répondre aux attentes des éleveurs s’estimant impactés et sur les principales recommandations émises dans divers rapports, la plupart ayant été peu ou pas suivies d’effets. Les auteurs pointent la nécessité de développer la recherche sur le sujet.
Ce rapport n’est pas le premier sur le sujet. Il fait suite à celui initié par  l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui avait organisé une audition publique concernant l’impact des champs électromagnétiques sur la santé des animaux d’élevage. Les députés Cédric Villani (non réélu depuis) et Philippe Bolo (Modem – Maine-et-Loire) avaient donné la parole aux victimes. Ce rapport avait également relevé que les besoins de la filière élevage portaient sur la recherche. 

Pour rappel, les éditions Comedpro, spécialistes de l’élevage, ont bouclé leur numéro spécial sur les pollutions électromagnétiques en agriculture. Plus qu’un état des lieux du phénomène, la finalité de ce document est de donner des outils aux éleveurs pour éviter ou limiter l’ampleur de ces nuisances, dans un contexte de fort développement des infrastructures électriques/énergétiques et numériques. Pour l’acheter en ligne, cliquez ici.

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