Le retour de la « guerre des prix »

Le retour de la « guerre des prix »

Les coopératives, comme la FNSEA, notent une stratégie de « déflation » de la part de certaines enseignes de la distribution, bien loin de l’esprit de la loi Egalim.

Alors que les négociations commerciales annuelles pour 2021 se sont ouvertes le 1er décembre pour les produits de grande consommation (PGC), Dominique Chargé, président de La coopération agricole (LCA), a déploré, le 16 décembre en visioconférence, un « retour de la guerre des prix malheureusement ». Des baisses de tarifs de « 2 à 4 % » sont réclamées alors que, pour faire face à la hausse des prix des céréales par exemple, l’agroalimentaire devrait au contraire pouvoir passer des hausses de tarifs de « 2 à 4 % ». Dominique Chargé, producteur de lait et ancien président des coopératives laitières, relève également des « demandes importantes de promotion ». Cette ambiance crée des « tensions et une vive inquiétude. Même dans la filière laitière, souvent citée en exemple, on constate un recul des acteurs de la distribution », note-t-il en substance (1).

La FNSEA fait le même constat et « souhaite tirer la sonnette d’alarme quant aux négociations commerciales en cours », rapporte un communiqué du 16 décembre. « Face à une crise économique et sociale sans précédent, et la baisse prévisible du pouvoir d’achat de nos concitoyens, nous savons bien que la guerre des prix peut reprendre de plus belle. Certaines enseignes de la grande distribution se sont clairement exprimées en ce sens. C’est contre cette spirale infernale que la FNSEA veut mettre en garde les acteurs de la chaîne alimentaire. Les agriculteurs doivent être en capacité de répercuter la hausse de leurs coûts de production via leurs acheteurs et les transformateurs : des hausses structurelles liées aux exigences toujours plus grandes de l’aval (environnement, bien-être animal, réduction des produits phytosanitaires…), des hausses conjoncturelles comme actuellement le coût de l’alimentation animale qui flambe au moins depuis septembre. L’agriculteur ne peut plus être la variable d’ajustement ! »

BC

(1) Le groupe Bel a annoncé, le 2 décembre dernier, qu’il reconduisait en 2021 son accord tarifaire à 350 €/1000 l hors primes avec l’Association des producteurs Bel de l’Ouest (APBO). En 2020, l’enseigne Intermarché/Netto s’était également associée à cet accord (NdlR).

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