L’industriel fromager Savencia a annoncé la fin de sa relation commerciale avec l’organisation de producteurs (OP) des Trois Rivières, qui regroupe 330 éleveurs laitiers en Sarthe, Mayenne et Maine-et-Loire. La rupture sera effective au terme d’un préavis de 18 mois. Au total, l’OP commercialise 242 millions de litres de lait auprès de Savencia.

La décision, annoncée le 6 octobre, intervient dans un contexte déjà tendu pour les producteurs de l’Ouest. Elle fait suite notamment à la réduction annoncée par Lactalis de sa collecte nationale, avec 450 millions de litres de lait en moins à terme. Pour les éleveurs concernés, la question du devenir de leur collecte se pose donc à nouveau.
Les 330 producteurs de l’OP des Trois Rivières sont répartis entre la Sarthe, la Mayenne et le Maine-et-Loire. Leur lait est notamment destiné aux fabrications de Savencia, qui commercialise des marques comme Caprice des Dieux, Saint Môret ou Fol Epi.
242 millions de litres à réorienter
Avec un volume de 242 millions de litres commercialisés chaque année auprès de Savencia, l’enjeu dépasse la seule situation individuelle des exploitations. La recherche de nouveaux débouchés devra être engagée suffisamment en amont pour permettre aux éleveurs d’anticiper leurs choix de production et leurs investissements. L’OP des Trois Rivières déplore cette décision et souligne l’incertitude qu’elle fait peser sur ses adhérents. La FNPL estime pour sa part que cette nouvelle rupture pose la question de la stabilité des relations commerciales entre producteurs et industriels.
« Les producteurs ont besoin de visibilité et de stabilité », souligne l’organisation syndicale, qui estime que les relations contractuelles doivent permettre aux éleveurs de disposer d’une visibilité suffisante pour engager les investissements nécessaires à la production laitière. Au-delà du cas de Savencia, la situation relance également la question de la répartition des volumes au sein de la filière. La FNPL s’interroge notamment sur le rôle croissant que pourraient être amenées à jouer les coopératives pour reprendre les volumes dont certains industriels privés ne souhaitent plus assurer la collecte.
Avec un préavis de 18 mois, les producteurs disposent toutefois d’un délai pour rechercher de nouveaux débouchés. Reste à savoir quels opérateurs seront en mesure d’absorber ces volumes dans un bassin laitier déjà fortement sollicité par les évolutions de collecte annoncées ces dernières années.
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