Des éoliennes en accusation

Des éoliennes en accusation

Faute de conclure sur l’origine des difficultés rencontrées par deux élevages situés à proximité d’un champ éolien, un rapport recommande un arrêt complet de l’installation de production d’électricité pour établir une éventuelle relation de cause à effet.

« Composé de 8 éoliennes pour une puissance de 16 MW, le parc éolien des Quatre seigneurs a été construit à la fin de l’année 2012, puis mis en service à la mi-2013, sur la commune de Nozay en Loire-Atlantique, conformément aux dispositions réglementaires alors en vigueur. Pourtant, dès sa construction, deux élevages, principalement laitiers, situés à proximité, sur les communes de Saffré et de Puceul, ont connu simultanément des troubles caractérisés par des dégradations importantes de quantité et de qualité du lait produit, des taux de mortalité et des comportements animaux déroutants », rappellent les Conseils généraux de l’agriculture (CGAAER) et de l’environnement (CGEDD) dans un rapport rendu public le 9 février 2021.

« La mission confirme la concomitance des troubles intervenus dans les élevages avec la construction du parc éolien, qu’un arrêt inopiné du parc au printemps 2017 (qui aurait entraîné momentanément une amélioration de la situation des élevages) semble renforcer. Elle isole deux facteurs potentiels et principaux de perturbation qui pourraient expliquer la situation très particulière de ces deux exploitations. Il s’agit des phénomènes de courants électriques (courants vagabonds) et de la situation hydrogéologique de leurs sous-sols. Elle constate, en effet, que plusieurs exploitations du secteur avec des sous-sols différents, tout aussi près des éoliennes, n’ont pas eu à connaître de telles difficultés » et conclut que, « compte tenu du temps long durant lequel les études et campagnes de mesures ont été réalisées, et du pilotage de ces dernières qui n’a pas toujours associé toutes les parties prenantes, seule la réalisation d’un test d’arrêt total du parc dans son acception large permettrait de sortir de la situation actuelle en remettant l’ensemble des acteurs autour de la table. Ce test pourrait être réalisé sur trois semaines, dont dix jours d’arrêt pour intégrer une période amont et aval de mesures témoins. »

BC

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