Une cheffe d’exploitation sur quatre

La part des femmes est « proportionnellement très importante dans l’élevage de gros animaux (46,6 %) ».

En 2022, les cheffes d’exploitation ou d’entreprise agricole étaient au nombre de 103 854 et représentaient 24,4 % de cette population, indique la Mutualité sociale agricole (MSA) dans un dossier diffusé à l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque année le 8 mars. Si l’on ajoute les 14 987 collaboratrices d’exploitation, on arrive à un total de 118 841 agricultrices, soit 26,7 % de l’ensemble des non-salariés agricoles.

Ces femmes « sont relativement plus âgées que leurs homologues masculins. L’âge moyen des femmes cheffes d’exploitation est de 51,7 ans (49,1 ans pour les hommes) et celui des cheffes d’entreprise agricole est de 48,1 ans (44,6 ans pour les hommes). L’âge moyen de l’ensemble des cheffes est de 51,5 ans contre 48,6 ans pour les hommes en 2022. Ces âges moyens sont stables depuis dix ans. Parmi elles, 22,5 % ont plus de 60 ans (14,4 % chez les hommes). »

« Les cheffes d’exploitation exercent principalement leur activité – tout comme leurs homologues masculins – dans les secteurs composant l’agriculture traditionnelle : le secteur des cultures céréalières et industrielles (15,9 %, stable par rapport à 2021), de l’élevage de bovins-lait (14,3 %, – 0,5 point en un an), les cultures et élevages non spécialisés (12,5 %, – 0,1 point), l’élevage de bovins viande (10,9 %, en baisse de 0,2 point) et la viticulture (11,9 %, en baisse de 0,14 point). La part des femmes est prépondérante dans l’élevage de chevaux (51,2 % des chefs d’exploitations de ce secteur sont des femmes) ainsi que dans la filière « entraînement, dressage, haras, clubs hippiques » (51,3 %). Elle est aussi proportionnellement très importante dans l’élevage de gros animaux (46,6 %), l’élevage de petits animaux hors volailles et lapins (38,3 %) et l’élevage de volailles et lapins (33,6 %). »

Des salariées précaires mais mieux payées que les hommes

Toujours en 2022, la MSA dénombrait 688 421 salariées relevant du régime agricole, dont 408 114 employées dans la production agricole. « Elles représentent 139 575 équivalents temps plein (ETP) et 35,7 % des salariés du secteur de la production agricole. Avec un âge moyen de 37,4 ans, les salariées de ce secteur sont principalement employées dans la viticulture (33,6 %), les cultures spécialisées (30,9 %) et la polyculture associée à de l’élevage (18 %). Cette hiérarchie des principales activités est stable depuis une décennie. »

« Le recours au contrat à durée déterminée (CDD) occupe une place prépondérante dans l’emploi féminin de la production agricole. Ainsi, 79 % des salariées du secteur détiennent un CDD, ce qui représente 278 824 contrats de travail en 2022 (76 % chez les hommes). En 2022, près de quatre contrats en CDD sur dix sont détenus par les femmes (36,6 %). Certaines filières agricoles recourent de manière conséquente aux CDD. C’est le cas plus particulièrement de la viticulture ou des entreprises de travaux agricoles : en viticulture, 84,8 % des femmes ont un CDD (82,1 % pour les hommes) ; dans les entreprises de travaux agricoles, elles sont 85 % (77,6 % pour les hommes). »

« Le nombre de contrats en CDD pour les femmes a augmenté moins vite que pour les hommes (+ 9,4 % contre + 10,1 %) tandis que leur nombre d’heures travaillées a augmenté plus fortement (+ 8,5 % contre + 5,5 %). Ainsi, la durée moyenne du contrat de travail féminin est en 2022 supérieure de 3,3 % à celle d’un contrat de travail masculin. De même, la rémunération horaire moyenne des femmes dans la production agricole a augmenté plus vite que celle des hommes et est devenue supérieure de 4,1 % à celle des hommes en 2022 », note encore la MSA.

BC

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