Le lait et la viande bovine en 2029

Le lait et la viande bovine en 2029

Les productions mondiales de lait et de viande bovine devraient augmenter dans les prochaines années, mais pas les prix, prévoient les Perspectives agricoles 2020-2029 publiées par l’OCDE et la FAO.

« Parmi tous les produits d’origine animale, ce sont les produits laitiers qui devraient connaître la croissance la plus forte dans les dix prochaines années en raison d’une forte demande. La production de lait devrait s’accroître de 20 %, l’Inde et le Pakistan représentant 60 % de la hausse totale. Le secteur réagit au faible niveau des coûts de production et à des prix annoncés en hausse. Les prix du lait sont soutenus par une demande importante, en particulier de produits frais dans les pays d’Asie (Inde, Pakistan). En Afrique, la forte croissance démographique et l’arrivée de systèmes de réfrigération devraient aussi se traduire par une augmentation de la demande de produits laitiers. »

« Dans l’ensemble, la production de viande bovine devrait connaître une croissance d’environ 9 % au cours de la période de projection. Cette hausse sera attribuable pour l’essentiel à l’Asie-Pacifique (+ 2 millions de tonnes – Mt), en particulier à la Chine et au Pakistan, et à l’Amérique latine (+ 1,5 Mt) ; ces deux régions représentant plus de la moitié de l’augmentation totale. La production de viande bovine s’accroîtra aussi en Amérique du Nord (+ 0,8 Mt), sous l’effet des coûts modestes des aliments pour animaux et de prévisions encourageantes en ce qui concerne les prix, liées à une demande intérieure soutenue. Toutefois, dans l’Union européenne, la faible rentabilité du secteur bovin, qui peut s’expliquer en partie par la baisse de la demande intérieure, et les gains d’efficience importants dans le secteur laitier, se sont traduits par une contraction du cheptel ces dernières années. Il devrait en résulter une baisse de 6 % (- 0,4 Mt) de la production de viande bovine dans les dix prochaines années. »

Intensification des productions

La production de lait et de viande bovine devrait « progresser plus vite que le nombre d’animaux dans toutes les régions, compte tenu d’une nouvelle intensification dans ces secteurs. La production mondiale de lait, en particulier, devrait s’intensifier, même si cette tendance dissimule des différences structurelles importantes entre les principaux producteurs mondiaux (…) La production de viande bovine continuera elle aussi de s’intensifier, y compris dans les grands pays producteurs d’Amérique latine, où cette évolution permettra une forte augmentation de la production (+ 0,7 % par an) malgré une augmentation limitée du cheptel (+ 0,2 % par an). En Argentine, l’intensification des processus de production dans des parcs d’engraissement améliore continuellement les rendements, tandis que dans les systèmes pâturants, comme au Brésil, elle passera surtout par l’amélioration de la gestion des pâturages. »

« À l’échelle mondiale, la croissance de la production animale ira de pair avec une diminution de la surface des pâturages due à une nouvelle intensification de la production des pâturages et de l’élevage de ruminants, et à l’essor des secteurs de la viande de non-ruminants (volaille et viande porcine) qui ne nécessitent pas de pâturages. Ce processus sera favorisé par une augmentation robuste de la consommation d’aliments concentrés (+ 1,3 % par an), la surface des pâturages régressant surtout dans les régions où, d’après les projections, la progression du recours à ces aliments sera la plus prononcée. »

L’UE bridée par l’environnement

« Au cours de la décennie à venir, la majeure partie de la croissance de la production laitière sera imputable aux pays émergents et à faible revenu (l’Inde et le Pakistan, en particulier), où le lait provient principalement de petites exploitations extensives qui pratiquent le pastoralisme. Dans ces régions, l’augmentation de la production résultera en grande partie de celle du cheptel laitier, avec une augmentation de 21 millions de têtes en Inde et de 29 millions en Afrique subsaharienne par exemple. Cela représente les deux tiers de la croissance du cheptel laitier mondial. Les rendements s’amélioreront eux aussi au fil du temps mais, compte tenu de leur faible niveau de départ, leur augmentation en valeur absolue restera modeste. On s’attend ainsi à ce que les rendements laitiers atteignent 1,57 t/tête en Inde en 2029, par exemple, soit sept fois moins que les rendements moyens attendus aux États-Unis. La mauvaise qualité des aliments pour animaux, les maladies et le faible potentiel laitier des animaux utilisés dans la production laitière continuent de freiner l’amélioration de la productivité dans ces régions. En Afrique subsaharienne, par exemple, le cheptel laitier est composé en grande partie de caprins, qui se caractérisent par une faible productivité par tête. »

« Parmi les pays développés, on s’attend à une croissance plus modeste de la production chez les principaux producteurs (États-Unis, par exemple), ainsi que chez les grands exportateurs de lait, à savoir l’Union européenne et la Nouvelle-Zélande, où les normes environnementales de plus en plus nombreuses (sur les phosphates, les nitrates et les émissions de gaz à effet de serre, entre autres) et le manque de terres dans le cas de la Nouvelle-Zélande, limiteront également un nouvel essor de la production. Une hausse de cette production n’en sera pas moins obtenue nonobstant une stagnation ou une diminution des effectifs de bétail, grâce à un accroissement soutenu des rendements imputable à une conjugaison d’améliorations génétiques, de l’efficience alimentaire et des pratiques de gestion des troupeaux. Exprimés en tonnes, les gains de rendement par animal laitier devraient augmenter plus vite dans les pays développés et creuser les écarts en valeur absolue. »

Des prix en pente douce

« Les prix nominaux de la viande resteront élevés au cours de la période considérée. En valeur réelle, ils devraient continuer à baisser sous l’effet d’un tassement de croissance de la consommation et d’une hausse de l’offre favorisée par le faible accroissement des prix des céréales fourragères. L’évolution observée au fil du temps variera selon le type de viande. Sur le court terme, les prix constants de la viande bovine baisseront plus rapidement du fait de l’abondance de l’offre dans les principaux pays producteurs comme l’Argentine, le Brésil et les États-Unis, après un accroissement rapide des troupeaux ces dernières années. Cependant, à mesure que les troupeaux de vaches à viande diminueront et que l’augmentation de la production ralentira, les prix nominaux devraient lentement repartir à la hausse. »

« Les cours du lait écrémé en poudre se sont redressés en 2019 suite à l’écoulement de l’intégralité des stocks d’intervention de l’Union européenne. Les prix devraient donc rester stables en termes réels durant la période de projection. Les cours annuels du beurre ont atteint un niveau record en 2017 et sont en baisse depuis. Ils devraient continuer de fléchir légèrement en valeur réelle, comme les prix de la plupart des autres produits agricoles pendant la période de projection. Les prix mondiaux du lait entier en poudre et du fromage devraient se ressentir de l’évolution des cours du beurre et du lait écrémé en poudre, selon leur teneur respective en matière grasse et en autres matières sèches. »

BC

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