+ 10 vaches par troupeau en quatre ans

Les exploitations laitières françaises ont gagné en moyenne 10 vaches entre 2013 et 2017, au moment de la sortie des quotas.

« Les crises laitières successives de 2009 et 2015/2016 semblent avoir redessiné profondément le paysage laitier français », analysent les Chambres d’agriculture dans une étude publiée le 24 août. « La restructuration des élevages laitiers français sur le territoire semble avoir été renforcée et accélérée par l’abrogation des quotas laitiers. En 2020, cinq ans après, au travers des analyses Inosys, nous pouvons affirmer que l’agrandissement des élevages et la croissance de la productivité de la main-d’œuvre s’ancrent dans les trajectoires d’évolution des exploitations laitières françaises. »

Une intensification permise…

« L’ensemble des groupes d’exploitations, qu’ils soient de plaine ou de montagne, mixtes ou spécialisés, polyculteurs-éleveurs ou en systèmes AOP de l’Est, témoignent d’une croissance à plusieurs niveaux » entre 2013 et 2017. « L’ensemble des groupes affiche une augmentation de leur surface agricole utile. En effet, ce premier facteur est en accroissement dans tous les systèmes, allant de +4 ha pour les systèmes spécialisés de montagne à +18 ha pour les systèmes mixtes lait-viande de montagne (…) L’augmentation des surfaces, notamment allouées à la production fourragère, n’a pas entraîné de désintensification de l’activité puisque les troupeaux, pour tous les systèmes, ont crû en parallèle. En effet, on observe, pour l’ensemble des systèmes, un nombre de vaches laitières supérieur en 2017 par rapport au cheptel de 2013. Cela se traduit par une augmentation maximale de 20 vaches laitières pour le système mixte lait-viande de montagne tandis que le troupeau allaitant reste stable. Les autres systèmes témoignent d’augmentations du nombre de vaches laitières comprises entre 5 et 12 animaux, la moyenne tous systèmes confondus s’établit à + 10 vaches. »

… par le maïs…

Ces animaux supplémentaires expliquent l’augmentation des volumes produits par exploitation dans la mesure où « le rendement laitier par vache reste stable dans l’ensemble des systèmes sur la période. Concernant les volumes totaux par exploitation, on observe des augmentations significatives dans tous les systèmes allant de +10% pour le plus faible jusqu’à +42% pour le système mixte de montagne dont on notait l’augmentation de 20 vaches laitières. L’augmentation des surfaces exploitées, des animaux laitiers et donc du volume de lait produit s’est accompagné d’une intensification de l’activité avec une production de lait/ha de SFP accrue (surface fourragère principale) dans l’ensemble des systèmes (jusqu’à +11% pour les systèmes de montagne). La sole fourragère des exploitations suivies évolue légèrement sur la période, laissant une part en hausse au maïs ensilage (hors polyculture-élevage où on assiste à une stabilisation) dans le panel des productions fourragères à destination du troupeau. Cette augmentation de la part de maïs peut en partie expliquer le degré d’intensification (lait/ha SFP) en hausse, comme dans le système spécialisé de plaine notamment. »

… et la productivité de la main d’œuvre

L’étude constate encore « une nette augmentation des volumes de lait produits par unité de main-d’œuvre (UMO) totale. L’augmentation de productivité la plus faible est observée dans les systèmes AOP des montagnes de l’Est avec +11 215 l/UMO et l’augmentation la plus élevée est notée dans le modèle spécialisé de plaine avec +31 740 l/UMO. » En parallèle, le coût de production « diminue sur la période 2013-2017 dans la majorité des systèmes. Pour faire face à la baisse du produit lait de l’atelier, les éleveurs ont dû maîtriser les divers postes de charges, notamment alimentaires et frais d’élevage. La productivité de la main-d’œuvre en hausse, couplée à cette maîtrise des charges, conduit à une rémunération permise en augmentation », en dépit d’une « très forte hétérogénéité des résultats économiques d’une campagne sur l’autre au cours de cette période ».

BC

A lire également : Aléas climatiques et agrandissement des cheptels (Institut de l’élevage, mai 2020)

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