Maïs : une récolte française divisée par deux en 2026

Pénalisée par la sécheresse estivale et la réduction des surfaces cultivées, la récolte française de maïs grain tomberait à 7,3 millions de tonnes (Mt) en 2026. Le rendement national atteindrait son plus bas niveau depuis 1990, selon Agreste. La production de maïs fourrage reculerait également fortement.

La campagne 2026 s’annonce particulièrement difficile pour le maïs français. Selon les estimations du ministère de l’Agriculture, la production de maïs grain, semences comprises, s’établirait à 7,3 Mt, contre 13,9 Mt en 2025. Elle diminuerait ainsi de 47,7 % en un an et se situerait 46,7 % sous la moyenne des récoltes de 2021 à 2025. Cette chute s’explique par la combinaison de deux facteurs : la contraction des surfaces cultivées et la dégradation des rendements. Les surfaces consacrées au maïs grain, semences comprises, reculeraient de 28 % sur un an, à 1,16 million d’hectares. Dans le même temps, le rendement moyen national tomberait à 63 quintaux par hectare (q/ha), soit près de 24 q/ha de moins qu’en 2025.

Il faut remonter à 1990 pour retrouver un rendement national inférieur, à 60,3 q/ha. Les épisodes caniculaires de l’été, prolongés par une sécheresse persistante jusqu’en septembre, ont fortement affecté les cultures. À la mi-septembre, alors que plus de la moitié des surfaces restaient à récolter, seules 23 % des parcelles non récoltées présentaient un état jugé bon à très bon, contre 62 % un an auparavant.

Les parcelles non irriguées particulièrement touchées

Le manque d’eau a accentué les écarts entre les parcelles irriguées et les cultures conduites sans irrigation. Pour le maïs grain non irrigué, le rendement moyen est estimé à seulement 49,5 q/ha, contre 92,4 q/ha pour les parcelles irriguées. La production des parcelles non irriguées s’effondrerait ainsi de 57,5 % sur un an, à 3,16 Mt. Celle des parcelles irriguées reculerait de 38,3 %, à 3,30 Mt. L’irrigation a donc limité les pertes sans permettre de préserver les niveaux de rendement de la campagne précédente. La baisse des surfaces résulte également, en partie, de la réorientation de parcelles initialement destinées à la récolte en grain vers le maïs fourrage. Près de 150 000 ha auraient ainsi changé de destination, essentiellement parmi les cultures non irriguées dont l’état ne permettait plus d’envisager une récolte en grain satisfaisante.

Le maïs fourrage également en retrait

Cette réorientation contribue à la progression de 7 % des surfaces de maïs fourrage, estimées à 1,28 million d’hectares. Elle ne suffirait toutefois pas à compenser les pertes de rendement. Celui-ci tomberait à 86,5 q/ha, contre 129,6 q/ha en 2025. La production de maïs fourrage reculerait ainsi de 28,7 %, à 11,1 Mt. Elle serait inférieure de 32,1 % à la moyenne des cinq dernières campagnes. Pour les élevages bovins, cette diminution de la récolte constitue un point de vigilance pour la gestion des stocks fourragers. Les conséquences à l’échelle des exploitations dépendront notamment des rendements réellement obtenus, des stocks disponibles, des autres ressources fourragères et des possibilités d’achat de fourrages complémentaires.

Un recul également marqué à l’échelle européenne

La France n’est pas le seul pays touché. Dans l’Union européenne, la production de maïs grain est désormais estimée à 47,4 Mt, semences comprises, contre 60,1 Mt en 2025. Elle reculerait de 21 % sur un an. Les prévisions ont notamment été revues à la baisse en Allemagne et en Hongrie, où les rendements atteindraient leur plus bas niveau depuis au moins 2010. À l’inverse, la Roumanie et la Bulgarie bénéficieraient de rendements supérieurs à leur moyenne quinquennale, permettant une progression de leur récolte.

Cette baisse simultanée de la production française et européenne souligne l’ampleur des difficultés rencontrées par la culture en 2026. Les estimations d’Agreste, arrêtées au 1er octobre, restent toutefois susceptibles d’évoluer au fur et à mesure de la consolidation des résultats de récolte.

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