Sortir le bovin viande du marasme

La filière de l’engraissement a besoin de davantage de contractualisation et de plus d’attention aux différents marchés de la viande bovine, analyse un nouveau rapport du ministère de l’agriculture.  

« Force est de constater que l’ensemble des indicateurs du système allaitant, tels qu’ils sont décrits dans le bilan annuel du revenu de l’agriculture, tels qu’ils résultent de l’observatoire de la formation des prix et des marges, tels qu’ils résultent d’un examen attentif des grands équilibres des marchés viande dans le monde et en Europe, montre que la situation de la production de bovins engraissés en France est mauvaise », constate un rapport du CGAAER (1). « Aussi, pour qu’un nouvel équilibre se réalise, la mission estime qu’un certain nombre de conditions doivent être remplies et que les pouvoirs publics doivent en être les garants. »

« En premier lieu, l’instance de dialogue naturel des opérateurs est bien l’interprofession. Mais elle ne saurait se substituer aux relations contractuelles que les opérateurs doivent établir entre eux. En second lieu, le monde de la production doit être mis dans des conditions telles qu’il recherche à satisfaire une commande d’aval, dont l’expression et l’écoute sont incontournables pour la mission. En troisième lieu, l’accomplissement d’une telle « commande » doit porter tout particulièrement sur des produits pour lesquels la production de viande française est leader, à savoir un créneau qualitatif de viande bovine spécialisée, dont les produits sous SIQO [signes officiels de la qualité et de l’origine] constituent la figure de proue. En quatrième lieu, le creuset naturel de l’ensemble de ces dispositifs est à l’évidence la contractualisation. »

« La mission considère donc que le rôle des pouvoirs publics est de tout faire pour que ces dialogues s’instaurent, que ces méthodologies s’appliquent et que tous les partenaires soient écoutés. En résumé, il s’agit d’écouter la demande, de conquérir la RHF [restauration hors foyer], de s’appuyer sur des indicateurs pour négocier et de renforcer la capacité de négociation des producteurs. La loi Egalim pose les bases d’une telle contractualisation harmonieuse. Les acteurs doivent être incités à s’en emparer », conclut le rapport.

BC

(1) Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (ministère de l’agriculture, 20 mai 2021)

A télécharger : Les effectifs de bovins au 1er mai 2021 (FranceAgriMer, 1er juin 2021)

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