Contractualiser seul ?

Les producteurs fermiers regrettent le « formalisme » que leur impose la loi Egalim 2.

Dans une lettre ouverte rendue publique le 24 janvier, l’Association nationale des producteurs laitiers fermiers (ANPLF) attire l’attention du ministre de l’agriculture sur la loi Egalim 2 qui « impose la contractualisation entre transformateurs et distributeurs. Cependant, en tant que producteurs transformateurs, nous sommes concernés par cette loi alors que nous garantissons nous-mêmes notre prix du lait. La loi nous conduit à un formalisme très important qui alourdit la charge administrative des producteurs fermiers vendant en circuits courts, sans bénéfice particulier. »

« Egalim 2 a été décidée sans consulter la filière laitière fermière et elle ne lui est pas adaptée, poursuit l’ANPLF. Nous demandons une dérogation à l’obligation de contractualiser pour les producteurs laitiers fermiers, comme elle a pu être demandée par d’autres filières. La contractualisation doit rester facultative et au choix du producteur. » La filière laitière fermière, « autonome et dynamique », qui réunit 7 000 éleveurs, « sait défendre ses marges », soutient l’ANPLF.

L’étiquetage en question

L’ANPLF estime par ailleurs que le terme « fermier » est « considérablement affaibli par la loi du 10 juin 2020 relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires. Désormais, de très gros opérateurs ont la possibilité d’utiliser la mention d’étiquetage « fromage fermier » sur des fromages achetés au stade non affiné dans des fermes puis affinés dans leurs locaux et vendus sous leur marque ou sous marque distributeur. Bon nombre de ces affineurs sont issus du secteur laitier industriel et sont intéressés par la plus-value générée par le terme « fermier ». Les volumes importants de fromages « fermiers » mis sur le marché par ces opérateurs entraînera une pression sur les prix inévitable au détriment des producteurs de fromages en blanc et aussi des producteurs fermiers restés indépendants. »

En conséquence, l’ANPLF demande que le futur décret relatif à l’étiquetage des produits fermiers affinés hors de la ferme prévoie : la mention du nom et de l’adresse du producteur sur l’étiquette ; des contrats écrits entre producteurs en blanc et affineurs ; d’autres critères comme la fixation de limites de volumes échangés, de durée minimum d’affinage ou de distance entre producteurs et affineurs.

BC

A télécharger :

Conjoncture laitière au 24 janvier 2023 (Cniel)

La collecte dans le rouge (FranceAgriMer, 24 janv. 2023)

La consommation de produits locaux (Fondation Jean Jaurès, 20 janvier 2023)

Le commerce extérieur des produits laitiers se dégrade (ministère de l’agriculture, 13 janv. 2023)

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