Élisabeth Borne dans l’arène agricole

Ministre du travail dans le gouvernement de Jean Castex, Élisabeth Borne lui a succédé, le 16 mai, à l’Hôtel Matignon. Une nomination saluée par la FNSEA et la Confédération paysanne, qui ne cachent pas leurs attentes.

« Un changement de cap majeur » (FNSEA)

« La FNSEA félicite Madame Elisabeth Borne pour sa nomination au poste de Première Ministre. Cette prise de fonction est la reconnaissance du parcours d’une femme engagée au service de l’intérêt général. Sa nomination est un signe de volonté d’écoute et de dialogue, notamment avec les corps intermédiaires. »

« Selon les souhaits du Président de la République, Mme Elisabeth Borne assumera une mission inédite de planification écologique. Pour l’agriculture, c’est un changement de cap majeur. Il s’agit de sortir des décisions de court terme subies par les agriculteurs au jour le jour et de construire, dans le dialogue et avec des objectifs clairs, la ligne directrice qui doit guider l’action du pays en matière environnementale. Pour y parvenir, et enfin donner de la lisibilité aux agriculteurs qui investissent sur le temps long, la FNSEA rappelle que cette planification doit se concilier avec l’objectif de souveraineté alimentaire et s’appuyer sur tous les travaux menés par le monde agricole et son environnement en matière de recherche, de développement et d’innovations, notamment en termes de pratiques, qui ont permis à l’agriculture française de prendre le virage de la transition écologique. »

« Dans cette optique, la FNSEA réaffirme deux priorités. D’une part, la nécessité d’œuvrer rapidement pour la souveraineté alimentaire française et européenne, qui repose sur une production dynamique sur le territoire, et un accès de tous à une alimentation sûre, saine et durable. En première ligne, la mise en œuvre du Chèque Alimentaire, proposé par la FNSEA et repris dans le programme du Président de la République, ne peut souffrir aucun retard dans le contexte inflationniste actuel. D’autre part, il s’agit de donner à l’agriculture toute sa place dans les arbitrages de la planification écologique, dans un dialogue équilibré entre économie, écologie et production agricole durable, alors même que la question du revenu des agriculteurs reste en suspens depuis trop d’années. La réussite de cette mission passe nécessairement par la prise en compte du potentiel de solutions de l’agriculture pour la préservation de la biodiversité, pour le stockage du carbone mais aussi pour la transition énergétique liée à la production d’énergies renouvelables d’origine agricole. »

« Ces défis stratégiques doivent ainsi être placés sous l’égide d’un « Ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire » de plein exercice. C’est ainsi que nous parviendrons à réussir le défi de concilier production alimentaire pour tous et mise en place d’objectifs ambitieux mais réalistes permettant à l’agriculture d’être le premier contributeur à la lutte contre le réchauffement climatique et à la préservation de l’environnement », conclut la FNSEA qui présente 30 propositions pour les élections législatives.

« Faites vivre le pluralisme syndical agricole » (Conf’)

« Nous adressons nos salutations républicaines à Élisabeth Borne, qui vient d’être nommée Première ministre et qui devrait être chargée de la « planification écologique ». Notre projet d’agriculture paysanne est une démarche systémique qui allie déjà économie, social et écologie. La Confédération paysanne est ainsi force de propositions pour la conquête de nouveaux droits paysans nécessaires pour installer massivement des paysannes et paysans à même de relever les défis de l’alimentation, du climat et de l’environnement. Nous attendons donc des signaux forts pour que l’expression pluraliste du syndicalisme agricole trouve enfin sa place à Matignon et dans les politiques publiques mises en œuvre. »

« Alors que la question du pouvoir d’achat des Français·es fera l’objet de premières décisions avant l’été, nous appelons la Première ministre à se saisir de la question du revenu paysan, toujours en souffrance, et de la précarité alimentaire, qui ne pourra être résolue par un seul chèque alimentaire », explique encore la Confédération paysanne dans un communiqué du 17 mai.

BC

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