Eurial s’attend à une baisse des volumes en bio

Bruno Martel, éleveur bio à Bain-sur-Oust (Ille-et-Vilaine) et président de la section Lait Bio chez Agrial, s’attend à une baisse des volumes collectés en bio d’au moins 5 %. 

Bruno Martel, éleveur bio en Ille-et-Vilaine.

« Au sein d’Eurial, nous avons fait le nécessaire pour que le prix du lait bio payé aux producteurs ne descende pas en dessous du conventionnel », martèle l’éleveur breton et élu professionnel en charge de la filière bio chez Eurial. Ainsi, le prix payé aux producteurs n’est pas descendu en dessous des 425 €/1000 litres (lait 38-32). Avec les effets liés à la saisonnalité, le prix aurait pu descendre en dessous de celui  de la filière conventionnelle. La coopérative a donc versé une avance aux producteurs qui sera rattrapée en fin d’année. L’éleveur ne le cache pas, la bio traverse une période difficile mais qui n’est pas exceptionnelle. On peut y voir une crise de croissance. Beaucoup de filières ont traversé ce type de situation dans le passé.

Onze retours au conventionnel

Un exemple ? « En 20 ans, nous n’avions connu qu’un élevage ayant opté pour une déconversion. Depuis 2 ans, nous avons enregistré onze retours en conventionnel. Ces élevages sont souvent pénalisés par un manque de surface et ont du mal à être autonomes. La canicule de l’été dernier les a fortement pénalisés et ces éleveurs préfèrent revenir à un mode de production conventionnelle ». Eurial ne cherche pas pour autant de volumes de lait bio supplémentaires. « Nous continuons à favoriser l’installation de jeunes en bio mais nous ne sommes pas en recherche d’éleveurs conventionnels en quête de conversion à l’agriculture bio ». Hors effets saisonniers (sécheresse ou canicule), Eurial s’attend à une baisse des volumes de lait bio collectés de 5 %. Une chute à tempérer car elle intervient après 20 ans de croissance. « La crise du pouvoir d’achat fait que le consommateur s’est un peu détourné de la consommation des produits bios ». L’éleveur reste confiant pour une filière qui répond pleinement aux aspirations des consommateurs et surtout des citoyens. Eurial va continuer d’être vigilant sur les volumes. Bruno Martel rappelle également que le prix du lait bio reste tributaire de l’évolution du lait conventionnel puisqu’une partie du lait bio est déclassé faute de débouché. 

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