La collecte européenne devrait décélérer

Bruxelles prévoit une hausse de 1,2 % de la production laitière européenne en 2018, acquise en début d’année, qui laisserait le marché du beurre « sous-approvisionné ».

Dans ses dernières « Prévisions à court terme pour les marchés agricoles » (en anglais), la Commission européenne table, pour 2018, sur un repli du cheptel laitier de l’UE (- 0,6 % à 22,9 millions de vaches) et sur une hausse du rendement moyen (+ 1,7 % à 7 200 kg) conduisant à une augmentation de la collecte (+ 1,2 % à 167,2 millions de tonnes). Celle-ci ne cesserait pourtant de décélérer sur l’année : + 2 % au 1er trimestre, + 1,3 % au 2e, + 1 % au 3e, avant un retour à son niveau de 2017 au 4e. La collecte repartirait de l’avant en 2019 (+ 0,8 %) en raison d’une « demande soutenue pour les produits laitiers de l’UE et d’une absence de baisse importante des prix ».

Pour l’heure, la croissance de la collecte est alimentée principalement par l’Allemagne, la Pologne, la Belgique et l’Italie, « qui augmentent leurs livraisons significativement ». En France, « la mise en production de jeunes vaches, alliée à l’amélioration de la disponibilité en herbe, devrait contribuer à la remontée de la production ». Une confirmation en est donnée par les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, qui montrent un net redémarrage de la collecte entre la mi-juin et la mi-juillet. En Irlande, « en dépit de conditions météorologiques défavorables jusqu’à présent, la collecte est susceptible d’augmenter légèrement par rapport à l’année dernière », prévoit la Commission.

Le marché du beurre « sous-approvisionné »

« Malgré l’augmentation de la production laitière de l’UE, le marché du beurre reste sous-approvisionné », estime la Commission. C’est, selon elle, le résultat de la baisse de la collecte de lait observée dans certains des principaux pays producteurs (France, Pays-Bas et Irlande) en début d’année et de la baisse des fabrications en Allemagne. En avril 2018, la production cumulée se situait juste 1 % au-dessus de son faible niveau à la même époque l’année dernière alors que les stocks privés sont historiquement bas. Néanmoins, la demande européenne et mondiale continue de soutenir le prix élevé du beurre qui s’est orienté à la hausse depuis le début de l’année pour atteindre 5 800 €/t à la mi-juin (et environ 5 700 €/t à la mi-juillet, selon le tableau de bord de la filière laitière mis à jour périodiquement par la Commission).

Les exportations de beurre de l’UE n’ont augmenté que de 1 % en janvier-avril 2018 par rapport à la même période de 2017, « en raison du manque d’offre et des prix élevés ». Avec 3 % d’exportations en plus, la Nouvelle-Zélande maintient sa position dominante avec une part de marché de 60 %. Au cours de l’année, dans le monde, « il est probable que plus de lait sera dirigé vers la production de beurre, laquelle devrait enregistrer une croissance proche de 3 %. Les exportations pourraient, elles, progresser de 5 % par rapport à leur niveau plutôt bas de l’an dernier », ajoute la Commission.

BC

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