La décapitalisation accélère

Les entrées de génisses dans les cheptels laitier et allaitant ralentissent, constate l’Institut de l’élevage.

« Sécheresse et fortes chaleurs ont donné un coup d’accélérateur à la décapitalisation, tant en élevage laitier qu’allaitant », indique l’Institut de l’élevage (Idele) dans sa lettre mensuelle, Tendances lait et viande, publiée le 14 septembre 2022. « L’offre en gros bovins finis reste toutefois très limitée en France, ce qui permet de maintenir les cours à des niveaux historiquement hauts et sur une pente légèrement ascendante. Mais ces prix ne permettent pas toujours de couvrir l’ensemble des coûts de production qui flambent. »

La décapitalisation allaitante affecte la production

« Le recul du cheptel allaitant s’est encore accéléré en début d’été, poursuit l’Idele. « Au 1er août, le nombre de vaches allaitantes présentes en France était en recul de -3,1% par rapport à 2021, contre -3,0% au 1er juin ou -2,7% au 1er janvier. Cette accentuation de la baisse a surtout été le résultat d’une forte chute des entrées de génisses dans le troupeau de vaches : -7% en juin par rapport à 2021 et -8% en juillet alors que les réformes ne se sont pas accélérées (-1% en juin et -5% en juillet). Les effectifs de génisses de 24 à 36 mois étaient par ailleurs en repli de -1,7% au 1er août, une baisse moindre qu’au 1er juin (-2,3%), mais qui conduira à un nouveau recul des entrées dans les mois qui viennent. »

« La décapitalisation, qui dure maintenant depuis la fin 2016, commence à affecter les abattages. D’après l’indicateur hebdomadaire de Normabev, le nombre de vaches allaitantes abattues sur les semaines 31 à 35 a reculé de 4% par rapport à 2021, et celui de génisses de type viande de 1%. Le poids moyen en baisse de 1,2% pour les vaches suggère une moins bonne finition dans un contexte de sécheresse et de cherté des aliments achetés. Le poids moyen des génisses était stable sur la même période. »

Accélération de la décapitalisation laitière

« Entre mars et mai, la hausse continue du prix du lait dans un contexte de prix élevé de l’aliment avait poussé les éleveurs à conserver un peu plus de vaches en maximisant l’alimentation au pâturage. Mais les conditions caniculaires et sèches de l’été ont limité la pousse de l’herbe et incité certaines exploitations à ajuster le cheptel. Ainsi, le nombre de vaches laitières était en chute de 1,8% par rapport à 2021 au 1er août, contre -1,3% au 1er juin. Celui de génisses laitières âgées de 18 à 36 mois était en baisse de 4,5% par rapport à 2021. De quoi fortement limiter les entrées dans le cheptel prochainement », prévoit encore l’Idele.

BC

A télécharger :

Décapitalisation et commerce extérieur (Interbev, 7 oct. 2022)

Bulletin hebdomadaire des filières ruminants (Interbev, 21 sept. 2022)

Bulletin hebdomadaire des filières ruminants (Interbev, 14 sept. 2022)

Collecte laitière en baisse de 2,3% en semaine 35 (FranceAgriMer, 13 sept. 2022)

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