« La voie mâle est à l’agonie »

« La voie mâle est à l’agonie »

La FNB appelle les éleveurs à « reprendre la main sur la commercialisation » et à « contourner les opérateurs » de la filière bovine.

La Fédération nationale bovine (FNB) n’a pas caché sa déception à l’issue de la réunion organisée le 11 décembre par le ministre de l’agriculture avec les exportateurs de broutards. La concertation « n’a abouti à aucune solution concrète de court et moyen terme visant à revaloriser le prix payé aux éleveurs. Et ce, alors que ces derniers ont déjà, depuis le début de la crise, perdu près de 30% de leur revenu annuel », évalue la FNB dans un communiqué.

Les travaux lancés par le ministre à l’occasion d’un déplacement dans le Puy-de-Dôme en octobre « se concluent sur un constat sans appel : l’ambition partagée entre les éleveurs et le Gouvernement de mettre le « collectif » de la filière au service de la recherche de valeur pour les éleveurs n’a pas été concrétisée. Au contraire, la « feuille de route » présentée par les groupes d’export au ministre ne contient aucune proposition traduisant cet objectif, à court et moyen terme. Pourtant, c’est une crise particulièrement grave qui frappe les producteurs français : depuis la mi-juillet, le prix du broutard a perdu 42 centimes, ce qui représente environ 150 euros par broutard… soit une perte de 30% de leur revenu annuel, déjà extrêmement bas. »

Il manque 1 €/kg en JB

« Paradoxalement, c’est sur un marché italien qui ne connaît pas de crise majeure que ces animaux sont principalement exportés : selon les chiffres partagés avec le ministère, les exports français vers l’Italie sont stables sur l’année 2020 (+0,1%) et le prix du jeune bovin italien produit à partir du broutard français a augmenté de 8 centimes entre juillet et novembre. En France, en revanche, l’engraissement de jeunes bovins ne se porte pas mieux que la production de broutards : le JB français est vendu à un prix situé 1 euro du kilogramme en-dessous du coût de production des éleveurs, soit un manque à gagner de 450 euros par animal, depuis le début de l’année. C’est bien, malheureusement, toute la voie mâle française qui est aujourd’hui à l’agonie. »

« Alors, face à la désinvolture coupable dont font preuve certains acteurs de la filière – y compris coopératifs – qui, alertés depuis des mois par les éleveurs, n’ont toujours pas apporté le moindre élément de réponse tangible à la baisse des prix injustifiée qu’ils imposent à leurs fournisseurs, la FNB est contrainte de faire ce constat difficile : aucune avancée ne sera possible en misant sur ces acteurs en place. Parce qu’il en va de la survie de plusieurs milliers d’emplois d’éleveurs, mais aussi de la crédibilité de son secteur, la FNB va donc recentrer sa mission sur ce chantier : encourager les éleveurs à reprendre la main sur la commercialisation de leurs animaux, en contournant ainsi les opérateurs qui n’ont pas encore pris conscience que, sans producteurs, ils étaient, eux aussi, destinés à disparaître. »

« Néanmoins, les éleveurs le savent : ils ne parviendront pas à sortir de cette situation sans un soutien fort, concret et déterminé du ministre de l’agriculture et de l’alimentation », conclut la FNB.

BC

A télécharger :

Les cours des broutards en net repli (ministère de l’agriculture, 21 décembre 2020)

Les prix des viandes du 30 novembre au 6 décembre 2020 (FranceAgriMer, 14 décembre 2020)

La situation du jeune bovin au 8 décembre 2020 (Institut de l’élevage)

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