Le Gaec de Viron carbure au bas carbone

Le Gaec de Viron carbure au bas carbone

Le Gaec de Viron est l’une des 8 000 exploitations engagées dans la démarche ferme laitière bas carbone. Portée par le Cniel au niveau national, cette initiative a reçu le soutien financier de la Région Pays de la Loire qui va aider les éleveurs à hauteur de 1,7 million d’euros sur 8 ans.

Ghislain de Viron, éleveur laitier à Rouperroux-le-Coquet dans la Sarthe, gère l’une des 8 000 exploitations laitières françaises déjà engagées dans la démarche ferme laitière bas carbone, portée par le Cniel. Associé en Gaec avec son épouse Charlotte et son fils Hervé, il cultive 150 ha et élève une centaine de vaches laitières. Il a d’abord commencé par réaliser l’audit Cap’2ER afin d’identifier les actions à mettre en œuvre sur sa ferme pour atténuer l’émission de gaz à effet de serre. Outre les bénéfices écologiques, Ghislain met en avant l’intérêt économique du projet. L’éleveur a en effet d’abord décidé de peser systématiquement ce qu’il donne à ses vaches et génisses car « le premier kilo économisé, c’est celui qui n’est pas gaspillé ». Pour réduire ses intrants, il a également choisi de produire sur son exploitation l’épeautre qu’il achetait auparavant en Belgique. Ses prairies et ses 20 km de haies permettent également à son exploitation d’optimiser le stockage du carbone. Enfin, des panneaux solaires photovoltaïques produisent l’équivalent de ce que l’exploitation consomme en électricité par an.

L’initiative ferme laitière bas carbone est soutenue à hauteur de 1,7 million d’euros par la Région Pays de la Loire et Christelle Morançais, sa présidente, a visité l’exploitation de Ghislain de Viron le 5 juin.  Il s’agira de déployer à partir de 2019 et sur 9 ans un accompagnement renforcé des élevages ligériens vers une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et l’augmentation du stockage de carbone. L’objectif est de toucher 5 200 exploitations, soit les deux tiers des élevages laitiers ligériens. L’accompagnement des éleveurs se traduit par le développement d’un outil de diagnostic (CAP’2ER) mesurant l’impact environnemental des exploitations, selon trois critères : leur performance carbone (émission et stockage), leur apport à la biodiversité (hectares entretenus), et leur valeur alimentaire (nombre de personnes nourries par an).
Après un premier diagnostic simplifié, l’agriculteur est accompagné dans la mise en œuvre d’un plan d’action adapté à son exploitation. Avec une formation et des conseils techniques, il mettra en pratique les différents leviers environnementaux pour établir enfin un bilan détaillé des émissions et du stockage de carbone. Le financement par exploitation s’élève à 2 470 euros.

D’ici à 10 ans, l’objectif au niveau national est d’impliquer l’ensemble des exploitations laitières françaises dans la démarche ferme laitière bas carbone. Jennifer Huet, chef du service environnement du Cniel, explique l’enjeu : « Une ferme laitière bas carbone moyenne entretient 103 ha de biodiversité, stocke 17 800 kg de CO2 dans les sols et nourrit 2 000 personnes ».

Comment sont réduites les émissions de carbone ?
L’agriculture est l’une des seules activités humaines avec la forêt capables de stocker naturellement du carbone. Ce stockage est favorisé par une certaine affectation des sols : le maintien de prairies permanentes, l’enrichissement des sols en matière organique, l’implantation de haies, une plus grande surface en herbe…
Les autres leviers mobilisables visent à optimiser l’efficience énergétique de l’exploitation ou la production laitière : la diminution de l’âge au premier vêlage, une attention particulière à la santé et à l’alimentation du troupeau, des procédés de valorisation des déchets organiques (méthanisation).

Qui finance dans les Pays de la Loire ?
Le coût total de l’initiative est estimé 8,3 millions d’euros sur la période 2019-2027. La Région accompagne cette démarche à hauteur de 1,7 M€,  l’interprofession laitière (Cniel et Cil Ouest) à hauteur de 750 000 €. L’organisme Vivea (Fonds d’assurance formation des actifs non-salariés agricoles) apporte un soutien équivalent à 500 000 € dans le cadre de ses formations prévues par le cahier des charges « Formations Climat ». L’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) octroie une enveloppe prévisionnelle de 300 000 €. Enfin, jusqu’à 1,5 M€ de fonds européens pourront également être mobilisés afin de former les éleveurs aux meilleures pratiques. Au-delà, la Région soutiendra le principe d’une reconnaissance de la démarche dans le cadre de la future Politique agricole commune post 2020.

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