Le lait bio « n’est pas en crise »

Si « l’offre est momentanément supérieure à la demande, rien ne laisse penser qu’un palier de consommation est atteint », estime la Fnab.

« Si le marché du lait bio connaît un déséquilibre, on ne peut pas parler de crise », écrit la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) dans un communiqué du 12 octobre. « 2020 et 2021 sont des années exceptionnelles, et, à ce titre, ne peuvent servir de référence pour évaluer la situation des filières biologiques. Leur développement se raisonne sur le temps long et doit être soutenu dans la durée par les politiques publiques comme par les interprofessions chargées de la promotion des produits agricoles. »

« L’année 2020 a été une année de forte consommation bio avec la fermeture des restaurants, amenant les consommateurs à choisir eux-mêmes leurs produits. En 2021, leur réouverture couplée à l’arrivée sur le marché des volumes convertis en 2019 et à la très bonne pousse de l’herbe liée à la pluie ont abouti à la situation qu’on connaît où l’offre est momentanément supérieure à la demande. Néanmoins, rien ne laisse penser qu’un palier de consommation est atteint. « Si la croissance des ventes se tasse, la consommation de lait bio reste dynamique : une bouteille de lait sur dix achetée est bio », explique Éric Guihery, membre pour la Fnab de la commission bio du Cniel (interprofession). Et de poursuivre : « En 5 ans à peine, on a multiplié par deux les volumes de lait bio ; il faut que le marché absorbe cette croissance ».

Le lait bio, parent pauvre de la promotion

« Si la bio avait dû attendre que le marché tire son développement, nous ne serions pas à 10 % des surfaces aujourd’hui. C’est au gouvernement d’inciter la consommation de produits meilleurs pour la santé, pour l’environnement et donc pour les finances publiques », insiste Philippe Camburet, président de la Fnab.

« Face à la multiplication des allégations commerciales abusives sur la qualité des produits, le gouvernement doit donner à l’agriculture biologique les moyens de communiquer sur ses qualités intrinsèques : les budgets de communication de l’Agence bio et des commissions bio des interprofessions doivent être renforcés, fait valoir la Fnab. « Depuis 5 ans, la filière bio a versé 8,5 millions d’euros à l’interprofession du lait qui, dans le même temps, a investi six fois moins pour communiquer sur la bio », poursuit Éric Guihery.

« Le budget de la commission bio du Cniel pour l’année 2021 est de l’ordre de 300 000 euros, sur un budget total de presque 40 millions d’euros », souligne la Fnab. « L’enfance de chacun a été marquée par la communication « Les produits laitiers, nos amis pour la vie » ; des moyens de communication identiques doivent être mis sur les produits biologiques ». De plus, « dans la droite ligne de la loi Egalim, le gouvernement doit s’assurer que 20 % des produits laitiers servis en restauration collective publique soient des produits laitiers biologiques », conclut la Fnab.

BC

A télécharger :

Conjoncture laitière au 23 septembre 2021 (Cniel, 15 octobre 2021)

Conjoncture lait de montagne (Cniel, 15 octobre 2021)

Résultats de la campagne laitière 2020-2021 (Seenovia)

 

Lisez également

L’agroéquipement au bord de la surchauffe

« 2021 devrait se conclure en hausse de 8 à 11 % pour les ventes de …