Au 10 août, la pousse cumulée des prairies permanentes françaises accuse un déficit de 33 % par rapport à la normale. La canicule et la sécheresse continuent de bloquer la reprise de l’herbe, laissant la situation fourragère fortement dégradée dans la quasi-totalité des régions.

La situation des prairies ne s’améliore pas. Selon le dernier indicateur de suivi objectif des prairies (ISOP) publié par Agreste, l’indice national s’établit à 67 au 10 août, contre une référence de 100. La pousse cumulée depuis le début de la campagne est ainsi inférieure de 33 % à la normale 1989-2018. À cette période de l’année, la production réalisée ne représente que 51,4 % de la production annuelle de référence, contre 76,2 % habituellement. Le déficit s’est surtout accentué au cours de l’été. Après un printemps relativement proche des niveaux habituels, la production cumulée a décroché en juillet, avant de rester quasiment à l’arrêt en août. Au 10 août, seulement 51,4 % de la production annuelle de référence avait été réalisée, contre 57,9 % en 2025 et 76,2 % en moyenne sur la période 1989-2018.
Une situation très dégradée
Le déficit concerne désormais pratiquement tout le territoire. Plusieurs grandes régions d’élevage affichent des niveaux particulièrement faibles. L’indice atteint 55,7 en Normandie, 57,6 en Bretagne, 62 en Pays de la Loire, mais seulement 47,1 dans le Grand Est et 47 en Nouvelle-Aquitaine. La Bourgogne-Franche-Comté et l’Occitanie se situent également à des niveaux très bas, avec respectivement des indices de 45,7 et 47,9. La situation est qualifiée de fortement déficitaire lorsque l’indice ISOP est inférieur à 75. Au 10 août, l’indice national de 67 place donc la France dans cette catégorie. Pour les élevages herbivores, cette baisse de production se traduit directement par une moindre disponibilité de l’herbe pâturée et des stocks récoltés. La sécheresse estivale intervient en outre après un début de campagne qui n’avait pas permis de rattraper complètement le retard.
Les stocks sous pression
À cette période de l’année, la question n’est plus seulement celle de la pousse actuelle, mais aussi celle du niveau des stocks disponibles pour la suite de la campagne. Avec une production cumulée qui accuse un tel retard, les éleveurs doivent composer avec une ressource pâturable réduite et des réserves fourragères potentiellement entamées plus tôt que prévu.
L’ISOP fournit toutefois une estimation de la production des prairies et non de la quantité réellement disponible dans les élevages. Le modèle ne prend notamment pas en compte l’état des sols et certains phénomènes locaux. La production estimée n’est donc pas nécessairement exploitable dans sa totalité. Le prochain enjeu sera désormais la capacité des prairies à repartir avec le retour de conditions plus favorables. Mais après plusieurs semaines de canicule et de sécheresse, le potentiel de rattrapage reste limité à mesure que l’on avance dans la saison.
L’ISOP est actualisé tous les dix jours afin de suivre plus finement l’évolution de la pousse. L’indicateur est calculé par rapport à la moyenne de référence 1989-2018, à partir d’un modèle développé par l’Inrae, Météo-France et le service de la statistique et de la prospective du ministère de l’Agriculture.
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