Les mutations du travail agricole

La filière laitière constitue un « concentré » des transformations des emplois et des activités en agriculture, constate un volumineux rapport du Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’agriculture, Actif’Agri.

« L’assouplissement puis la disparition des quotas laitiers, à partir du milieu des années 2000, et la fin du système européen de régulation des marchés laitiers, se sont accompagnés d’une restructuration rapide du secteur laitier, avec une concentration générale à l’échelle des exploitations et des territoires », selon le rapport, qui consacre un chapitre entier au secteur laitier. « En zone de plaine, les exploitations de moins de 50 vaches se sont raréfiées, alors qu’elles constituaient l’essentiel du paysage laitier au début des années 2000. La crise qui a suivi la suppression des quotas, en 2015, a certainement accéléré le processus, notamment concernant les abandons de la production laitière dans les zones les moins denses. Quantitativement, ces changements se traduisent par des destructions globales d’emplois, une diminution du nombre d’exploitations et des gains de productivité volumique chez celles qui continuent à produire du lait. Ces mutations toujours en cours dans la filière laitière en font un condensé des phénomènes à l’œuvre plus généralement dans le secteur agricole. »

« Le travail salarié souvent moins coûteux »

« Malgré une reconfiguration territoriale et structurelle très rapide pour un secteur de cette taille, la production laitière reste le premier pourvoyeur d’emplois agricoles non-salariés et les transformations en cours s’accompagnent d’un maintien de la diversité des exploitations (taille, systèmes de production, organisation du travail, installations, etc.). La dynamique herbagère, minoritaire, portée par l’agriculture biologique, pourrait même être le signe d’une diversification des façons de produire du lait. »

« Dans la plupart des cas, les dynamiques d’agrandissement et d’installation en production laitière s’appuient sur des exploitations de type familial, contrairement à l’ensemble du secteur agricole français. Si la taille des exploitations a progressé en volumes de lait, celles qui ont connu les croissances les plus rapides ont de plus en plus recours à de la main-d’œuvre salariée. Ce salariat se développe donc et concerne aujourd’hui un tiers des exploitations laitières, ce qui implique une évolution du métier et des activités des éleveurs laitiers. Des travaux complémentaires pourraient s’interroger sur les conséquences de ce développement sur la souplesse et de la résilience économique des exploitations. En effet, des analyses économiques ont montré que le travail salarié est souvent moins coûteux que l’investissement nécessaire pour réduire le temps de travail correspondant (Péchuzal et al., 2017). »

BC

A télécharger :

Transformations des emplois et des activités en agriculture (Actif’Agri, CEP, 17 décembre 2019)

Le chapitre consacré à la filière laitière (Actif’Agri, CEP, 17 décembre 2019)

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