Oligo-éléments injectables : hausse des croissances

 Les docteurs Christian Dauphin et Antoine Fournier ont expérimenté l’injection d’oligo-éléments (sélénium, zinc, cuivre et manganèse) sur des broutards en engraissement. Ce traitement apporte un gain de GMQ entre 100 et 150 g. Le retour sur investissement semble assuré.

La SCEA DOMAINE DE BERNEUIL (Haute-Vienne) bénéficie de 2 550 places d’engraissement réparties sur trois unités. Chaque année, entre 4 000 et 5 000 bovins y sont engraissés. L’essentiel de la ration est produit sur les 650 ha drainés, comprenant 400 ha de maïs et 250 ha de céréales. Compte tenu de ses dimensions, il s’agit là d’un joli « terrain de jeux » pour qui souhaite mener et tester de nouvelles solutions en engraissement. Pour autant, Berneuil n’est pas une ferme expérimentale où l’on peut se permettre des contre-performances au nom de la science. Antonio Oldani, le gérant de la SCEA, y veille. « Nous avons testé une injection d’oligo-éléments sur les broutards, souligne le docteur Dauphin, le praticien de l’exploitation. Dans un même lot, nous avons séparé les animaux pairs et impairs. Un groupe a reçu le protocole classique ( vaccination…) lorsque les animaux arrivent en engraissement, l’autre entité a bénéficié de l’injection d’oligo-éléments sous forme injectable (MultiMin). Les conditions d’élevages pour les animaux étaient scrupuleusement identiques, que ce soit au niveau alimentaire ou au niveau des bâtiments. Au bout de 50 jours, nous avons pesé l’ensemble des bovins. Nous avons noté une différence de GMQ en faveur du lot traité avec un gain de 100 à 150 g. Ce GMQ constitue, de loin, la donnée la plus facile à mesurer, mais d’autres effets ont pu être observés à défaut d’être quantifiés. Le nombre de traitements, antibiotiques ou autres, semble en baisse sur les animaux traités… Il faudrait pouvoir objectiver ce constat mais c’est trop compliqué dans un élevage commercial ». Le retour sur investissement pour le Domaine de Berneuil se révèle donc largement au rendez-vous. Sur 50 jours, le gain atteint 10 kg par broutard, soit 6 kg de carcasses, ce qui représente un gain économique d’environ 30 €  par animal. Le traitement coûte environ 8 €. Ce « boost » en oligo-éléments a semble-t-il aidé les broutards à mieux supporter le stress de l’entrée en engraissement. « Les résultats du Multimin se révèlent d’autant plus spectaculaires que les animaux sont soumis à un niveau de stress élevé. C’est clairement le cas pour des jeunes bovins qui entrent en engraissement. Nous l’avons également positionné sur des veaux allaitants pour les aider à mieux passer des passages viraux ou bactériens ; les résultats finaux se révèlent moins remarquables mais nous n’avons pas la possibilité de mener des essais aux protocoles rigoureux où tout est pris en compte ».

Erwan Le Duc

  1. gain moyen quotidien

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