Plus de biodiversité et de social en bio

Le cahier des charges du label FNAB s’enrichit de vingt nouveaux critères sociaux et de biodiversité.

« En France métropolitaine, plus de 400 espèces de plantes et 32 % des espèces d’oiseaux nicheurs sont menacés de disparition. L’Académie des sciences souligne que le déclin des populations d’insectes fait peser une « grave menace pour nos sociétés ». Et l’agriculture intensive est pointée du doigt comme facteur causal de cette situation (intrants chimiques de synthèse, destruction des haies, des mares, uniformisation des paysages) », expose la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) dans un communiqué du 22 février.

« La bio apporte déjà des premières réponses à cette crise : on trouve en moyenne sur les fermes bio 30 % d’espèces et 50 % d’individus en plus. « Nous pouvons encore aller plus loin pour ramener de la biodiversité sur nos fermes. Il nous faut faire de la biodiversité un objectif direct et affirmé dans nos pratiques agricoles, pas juste un bénéfice secondaire du cahier des charges » , commente Olivier Devêvre, agriculteur bio en Saône-et-Loire et référent biodiversité du label FNAB. « Nous voulions des critères à la fois ambitieux et accessibles. Nous avons donc construit un système de progressivité », poursuit Stéphanie Pageot, éleveuse bio en Loire-Atlantique, en charge du label FNAB.

En pratique, pendant les trois premières années de labellisation, huit des onze critères de biodiversité devront être validés, détaille la FNAB.

  • Augmenter la surface des IAE (Infrastructures Agro-Environnementales : haies, prairies naturelles, bandes enherbées, mares…).
  • Favoriser la diversité des IAE
  • Entretenir les IAE
  • Limiter les parcelles de grande taille
  • Favoriser la diversité des cultures
  • Réduire le travail du sol
  • Favoriser la couverture du sol
  • Interdire les nouveaux OGM (CMS et NBT) et OGM cachés
  • Interdire les fertilisants controversés (fertilisants risquant de contenir de l’azote de synthèse, vinasse de betteraves non-bio, effluents d’animaux ayant consommé des OGM)
  • Limiter les antiparasitaires sur les animaux d’élevage
  • Obligation de se former et de s’impliquer dans des démarche biodiversité, comme la réalisation d’inventaires naturalistes ou la participation à des groupes d’échanges.

Pour 2022, la FNAB vise l’accompagnement de 300 fermes sur ces nouveaux indicateurs de biodiversité. Ils viennent s’ajouter à neuf critères sociaux dévoilés le 15 février dernier :

  • formation des chef-fes d’exploitation à la méthodologie de fixation du juste prix de vente de leurs productions
  • obligation de formation des chef-fe-s d’exploitation au rôle d’employeur
  • obligation de formation continue des salariés (2 jours tous les 2 ans)
  • exclusion du statut de conjoint-e collaborateur-trice
  • encadrement de l’accueil des stagiaires et woofeurs (un à trois stagiaires maximum à la fois suivant la dimension des fermes et pas plus de deux wwoofeur-euse-s)
  • interdiction du recours à la main d’œuvre étrangère sous statut de travailleur détaché
  • obligation d’information des salariés (livret d’accueil comprenant des informations sur l’organisation du travail à la ferme, la Convention Collective Nationale des salariés agricoles, les équipements de protection individuelle obligatoires…)
  • consultation des salariés sur les questions d’organisation du travail (réunions d’équipe au moins deux fois par an)
  • rémunération mieux-disante des salariés (avec diverses options comme la prise en compte de l’ancienneté, y compris pour les saisonniers réguliers, l’intéressement des salariés, le versement de primes ou encore des rémunérations supérieures de 10 % à celles prévues par la convention collective).

BC

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Pendant plusieurs années, Michel Welter a porté la ferme des 1000 vaches. Aujourd’hui consultant, il nous donne sa vision de l’élevage à travers quatre idées fortes.