Triballat en pince pour les millennials

Triballat en pince pour les millennials

Les jeunes âgés de 18 à 35 ans – les consommateurs de demain – placent le bien-être animal, la rémunération de l’éleveur et le respect de l’environnement en tête de leurs préoccupations en matière de produits laitiers. Triballat Rians les a entendus.

Hugues Triballat, président des Laiteries Triballat Rians (Cher), et Dominique Verneau, directeur de la production laitière, ont présenté, le 13 avril en visioconférence, la démarche « Laiterie familiale engagée » qu’ils ont bâtie avec leurs 450 producteurs de lait de vache ou de chèvre – tous ont vocation à s’y inscrire – et deux organisations non gouvernementales (ONG) actives sur le bien-être animal (CIWF) et l’environnement (WWF).

Triballat Rians prend une série d’engagements en termes de « pratiques durables » qui s’inscrivent dans une « démarche cohérente et responsable dans la durée ». D’abord en direction des éleveurs qui se voient assurés d’un prix du lait supérieur d’au moins 20 €/1000 l par rapport à la référence FranceAgriMer et d’une participation financière au service de remplacement. De nouveaux accords de prix avec les 9 OP sont attendus pour janvier 2022 même si Triballat se situe « déjà dans le peloton de tête et au-dessus de la moyenne nationale », assure son président.

Autonomie protéique

La démarche « Laiterie familiale engagée » ambitionne le pâturage de toutes les vaches (120 jours par an, 10 ares par vache) et un accès à l’extérieur de toutes les chèvres d’ici à 2030. Les élevages qui ne disposent pas du foncier nécessaire (entre 5 et 10 % d’entre eux) seront accompagnés de sorte qu’un aménagement des bâtiments puisse garantir un bien-être animal équivalent. Les veaux devront être logés en case collective dès l’âge de 3 semaines. Une plus grande longévité des animaux sera recherchée. « On pourrait gagner 10 % de renouvellement en moins », estime Hélène Fréger, productrice de lait de vache dans le Cher.

D’ici à 2030 toujours, l’alimentation des animaux devra être à 100 % d’origine française et viser l’autonomie protéique en renonçant au soja d’importation. Tous les élevages seront accompagnés pour la mise en œuvre de mesures agroenvironnementales : plantation de haies, agroforesterie, surfaces d’intérêt écologique, techniques culturales simplifiées… Les sites de production Triballat (130 millions de litres transformés chaque année) devront réduire de 25 % leur consommation d’emballages en plastique et leurs émissions de gaz à effet de serre. Les 1 500 salariés seront accompagnés sur le plan de la santé, de la sécurité et de la qualité de vie au travail.

Pour vérifier la mise en œuvre de toutes ces mesures et garantir un « progrès continu », une soixantaine d’indicateurs ont été définis. Ils seront mesurés chaque année et, « si un engagement n’est pas suffisamment avancé, l’éleveur sera soutenu pour trouver une solution », assure Dominique Verneau.

BC

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