Trois idées à retenir sur le méthane entérique

Basée en Ille-et-Vilaine, Eilyps, entreprise de conseils et d’expertise en agriculture, a réalisé une large étude sur la production de méthane entérique des élevages laitiers avec à la clé un état des lieux de la production dans le premier département laitier français. Cette analyse donne aussi des perspectives pour réduire la production à des fins environnementales et économiques.

AU NIVEAU RACE, C’EST LA HOLSTEIN QUI PRODUIT LE MOINS DE MÉTHANE EN G/L DE LAIT PRODUIT.

IDÉE # 1 : GROSSE DISPARITÉ DE PRODUCTION

La production de méthane entérique est loin d’être linéaire. En Ille-et-Vilaine, le niveau de production moyen se situe autour de 16 g par litre de lait. Il existe de fortes variations raciales, saisonnières ou encore en fonction de la conduite d’élevage. Au vu des données analysées, il ressort que les Holsteins émettent le moins de méthane en g/litre de lait produit, alors que les Normandes sont de grosses productrices. Signalons que la sélection d’animaux faiblement émetteurs permettrait de réduire de 5 à 10 % la production de gaz à effet de serre (GES). « Peu coûteuse, la sélection est efficace à long terme (réduction de 10 % des GES en dix ans) ». Il apparaît également que les élevages conventionnels sont plus efficaces que leurs homologues bio. L’amélioration de la productivité laitière permettrait d’abaisser de 5 à 20 % les émissions de méthane rapportées au litre de lait produit. Enfin, ce sont les exploitations qui utilisent le plus de maïs qui émettent le moins de méthane dans l’atmosphère. Les systèmes herbagers sont, quant à eux, les moins efficaces sur ce critère. Par ailleurs, réduire la quantité d’amidon dans la ration permettrait potentiellement de réduire les émissions de méthane, pourvu que sa concentration ne dépasse pas 25 % MS (matière sèche). Il ressort également que c’est en hiver que l’on enregistre la plus forte production de méthane, alors qu’au printemps ce gaz à effet de serre est peu émis. 

IDÉE # 2 : RÉDUIRE L’HERBE CONSERVÉE DANS LES RATIONS

L’étude met en lumière que plus la part d’herbe conservée dans la ration est importante, plus on accentue la production de méthane entérique. Idéalement, il ne faut pas dépasser le seuil de 20 % d’herbe dans la ration au risque d’augmenter la production de méthane et de pénaliser la production laitière. Ce constat laisse à penser que la production d’herbe conservée (ensilage ou enrubannage) reste perfectible. 

IDÉE # 3 : LUTTER CONTRE LE MÉTHANE AMÉLIORE L’EFFICACITÉ ALIMENTAIRE

L’éructation de méthane est synonyme de gaspillage énergétique. Il existe un lien entre coût alimentaire et production de méthane. Le méthane représentant plus de 50 % des émissions totales de gaz à effets de serre produits par un élevage, se soucier de la production de méthane entérique au niveau de l’exploitation serait bénéfique à l’ensemble de la filière. 

ERWAN LE DUC

UN PEU MOINS DE 2 500 ÉLEVAGES AUDITÉS

L’étude réalisée sur la production de méthane entérique a porté sur 2 481 élevages laitiers situés en Ille-et-Vilaine. Plus de 59 651 données ont ainsi été collectées. La production de méthane entérique a été évaluée en gramme par litre de lait produit. Les exploitations auditées élèvent en grosse majorité des Holsteins, cette race représentant à elle seule 77 % des vaches suivies. Le système fourrager valorise à la fois l’herbe et le maïs. Dans l’échantillon suivi, les systèmes purement herbagers sont fortement minoritaires (11 % des structures auditées), tout comme les élevages bio qui ne représentent que 7 % des élevages suivis.

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