« Pensez à contractualiser ! »

La FNSEA appelle les élevages bovins à s’engager dans la contractualisation, comme le prévoit la loi Egalim.

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Jérôme Despey, secrétaire général, ont fait le point, le 11 janvier devant la presse, sur les principaux dossiers agricoles du moment.

Contractualisation : les producteurs de viande bovine « ne sont pas tentés de contractualiser », reconnaît Christiane Lambert, qui avance plusieurs explications : la « hausse importante » des prix en 2022, le « découragement après tellement d’années de vaches maigres », la décapitalisation et les sécheresses successives qui brouillent l’avenir… La présidente de la FNSEA, qui passera la main lors du prochain congrès (en mars 2023 à Angers), invite néanmoins les éleveurs à s’engager dans la contractualisation, comme le prévoit la loi Egalim : « par prudence, pensez quand même à l’après ». « La filière bovine a besoin de jalons et de visibilité », faisait-elle déjà valoir, il y a un an.

Assurance récolte : Jérôme Despey appelle les agriculteurs à souscrire les contrats qui donneront corps à la réforme qui vient d’entrer en application. Objectif : 30 % de prairies et 60 % de grandes cultures assurées en 2030.

Lois Egalim : la FNSEA appelle le Parlement à adopter une proposition de loi (Descrozaille) qui grave dans le marbre plusieurs dispositions expérimentées dans le cadre des lois Egalim 1 et 2 : seuil de revente à perte à 10 %, encadrement des promotions en volume et en valeur, application du texte aux centrales internationales pour éviter les contournements de la loi.

Retraite : dans un communiqué, la FNSEA « prend acte » des annonces de la Première ministre, le 10 janvier, qu’elle juge « conformes aux promesses électorales du Président de la République. La FNSEA est responsable vis-à-vis des générations futures et donc soucieuse de garder des régimes de retraite viables et soutenables pour les jeunes générations. » Elle rappelle « néanmoins la deuxième partie de la promesse présidentielle qui était d’instaurer un minimum de retraite pour les carrières complètes de l’ordre de 1 200 euros par mois. Pour les « nouveaux retraités » mais aussi « toutes celles et ceux qui sont déjà à la retraite ».

La FNSEA se dit par ailleurs « très attachée aux départs anticipés pour les longues carrières et notamment les départs à 60 ans. Nous sommes inquiets de l’absence de mesures pour gérer les fins de carrières difficiles (retraite progressive des indépendants, absence de prise en compte de l’usure) tout comme nous nous interrogeons sur la mise en œuvre de la pénibilité. »

Enfin, la FNSEA souhaite une adoption définitive, avant la discussion du projet de réforme des retraites, du texte instaurant un calcul de la retraite des agriculteurs sur les seules 25 meilleures années de leur carrière. Il doit être discuté le 31 janvier au Sénat.

BC

A télécharger :

Note de conjoncture viandes rouges (FranceAgriMer, 30 janvier 2023)

12 mois consécutifs de baisse des abattages (ministère de l’agriculture, 27 janv. 2023)

Bulletin hebdomadaire des filières ruminants (Interbev, 25 janv. 2023)

Prévisions viande bovine 2023 (Institut de l’élevage, 20 janv. 2023)

Tendances Lait Viande n° 346 (Institut de l’élevage, 19 janvier 2023)

Bulletin hebdomadaire des filières ruminants (Interbev, 18 janvier 2023)

La contractuation obligatoire dans la filière bovine (Interbev, janv. 2022)

La réforme de l’assurance récolte (Agriculture Stratégies, 10 janv. 2023)

Lisez également

« 15 000 € pour les bio »

« Sans un soutien fort et direct aux producteurs, l’avenir de l’agriculture biologique est compromis », alerte …